Plus d'un millier
de sympathisants de l'opposition ivoirienne ont participé
vendredi 15 Avril à Abidjan à l'enterrement de 49
"martyrs", des manifestants tués lors de la répression
d'une marche, le 25 mars 2004.
Des cris "Gbagbo assassin!" ont fusé lors de la
cérémonie, dans le cimetière isolé d'Abobo-Baoulé,
dans les faubourgs d'Abidjan. Les corps étaient restés
plus d'un an dans les morgues, en raison notamment d'un différend
sur la prise en charge des frais de garde, qui on finalement été
réglés par les autorités. Le 25 mars 2004,
les forces de sécurité avaient réprimé
dans le sang une tentative de marche organisée par le G7,
une coalition des principaux partis d'opposition et de la rébellion
qui contrôle le nord du pays depuis 2002, pour protester contre
le blocage du processus de paix. La répression des tentatives
de regroupement dans différents quartiers de la ville avait
fait 37 morts, selon les autorités, 120, selon l'ONU et entre
350 et 500, selon l'opposition. Les manifestants tués étaient
en grande majorité des musulmans, et pour beaucoup proches
du Rassemblement des Républicains (RDR) de l'ancien premier
ministre Alassane Ouattara. Aux cris de "Allah O'Akbar"
(Dieu est le plus grand), les 49 corps, dont celui d'une enfant,
placés dans des cercueils de bois, ont été
inhumés dans une grande fosse commune. Un rapport de l'ONU
avait mis en cause "les plus hautes autorités de l'Etat"
dans la répression, en les accusant d'avoir monté
une "opération soigneusement planifiée",
utilisant notamment blindés et hélicoptères.
Ces accusations ont été "vigoureusement rejetées"
par les autorités.
AFP |