Née
le 13 Mars 1935 à Bingerville, mariée
à l'ancien Ministre d'Etat Lamine Diabaté,
mére de 5 enfants.
Professeur d'Histoire de formation (1965-1995),
Ministre de la Culture d'Houphouët-Boigny
entre 1990 et 1993, Secrétaire générale
du RDR depuis 1999, Ministre de la Culture et
de la Francophonie en 2000, Ministre de la Justice
depuis 2003.
En
Côte d'Ivoire, elle est l'historienne entrée
dans l'Histoire. Membre depuis sa création
du Rassemblement des républicains, dont
elle est devenue la secrétaire générale
en 1999, ses convictions ont été
rudement mises l'épreuve.
Henriette Dagri-Diabaté est à l'origine
de la naissance de la Maison de la Culture et
du Marché des Arts et du Spectacle africain
(MASA).
Condamnée à deux ans de prison en
Octobre 1999 pour "incitation à la
violence" par une justice aux ordres, ces
conditions de détention n'étaient
pas des plus faciles, car si les membres masculins
de son parti se sont retrouvés entre eux,
elle, la seule femme du groupe était complétement
isolée, partageant sa cellule avec des
prisonnières de droit commun. C'est pourtant
elle qui va être le soutien moral de l'ensemble
des détenus de la MACA.
Elle, l'intellectuelle Docteur diplômée
de la Sorbonne à Paris, a repeint en vert
les murs des cellules, distribué la nourriture
fournie par les amis qui se pressaient aux portes
de la prison, branché des ventilos dans
l'étuve insoutenable, accéléré
les procédures de jugement pour les oubliés
des services de justice, mis sur pied des séances
de gym, etc. Elle était devenue "la
chef de village".
Elle
est libérée au bout d'un mois, après
le coup d'Etat de Décembre 1999.
Ministre de la Culture et de la Francophonie sous
la transition militaire, elle démissionne
lorsque le Général Gueï ne
respectera plus ses engagements vis à vis
de la démocratie.
En première ligne durant les événements
politiques de 2000 et 2001, elle est inculpée
d'atteinte à l'ordre public, mais bénéficie
d'un non-lieu.
Elle
doit mener aujourd'hui la nécessaire réforme
de la justice ivoirienne avec comme impératifs
les lois sur le foncier rural, l'identification,
etc.
Femme de courage et d'abnégation, elle
n'a qu'une obsession : la cohésion nationale
dans un pays où régnerait enfin
la paix, l'unité et la démocratie.
Symbole de l'élégance raffinée
et discréte, elle cache derrière
son éternel sourire une fermeté
de caractère bien affirmé.
Face à cette grande dame d'Afrique, un
seul sentiment nous envahis : l'admiration.
Madame
Diabaté est à la tête du Secrétariat
général du RDR depuis 1999. L’année
2006 a la spécificité d’être
consacrée aux élections générales.
La Secrétaire générale devra
allier rigueur et souplesse pour conduire son
parti à la victoire. S’il est de
notoriété que les violences conte
les responsables et les militants du RDR justifiaient
un relâchement de la coordination, au sein
de ce parti, aucune raison ne sera convaincante
si d’aventure le Secrétariat général
faillait à créer la synergie nécessaire
à la victoire. Madame Diabaté dispose,
avec la nouvelle équipe, d’un potentiel
humain considérable. Les militants du Rassemblement
des Républicains s’accordent à
dire que les élections à venir sont
celles à ne perdre sous aucun prétexte.
Ce qui, inévitablement, met la pression
supplémentaire sur Madame la Secrétaire
générale et son équipe.
Les
Accords de Marcoussis sont une réussite
Henriette Diabaté s’explique
par Anna Borrel (afrik.com)
Secrétaire
générale du Rassemblement des républicains
(RDR), le parti d’opposition d’Alassane
Ouattara, Henriette Diabaté est une figure
incontournable du paysage politique ivoirien.
Alors que les Accords de Marcoussis piétinent
et qu’un militant du RDR a été
trouvé mort il y a quelques jours à
peine, cette militante en exil commente à
sa façon la crise qui secoue son pays.
Henriette Diabaté est une figure incontournable
du paysage politique ivoirien. Entrée tard
en politique, cet ancien professeur d’histoire
est aujourd’hui secrétaire générale
du Rassemblement des Républicains (RDR),
le principal parti d’opposition en Côte
d’Ivoire. Deux fois ministre de la culture,
elle avait créé l’événement
en claquant la porte du gouvernement d’Union
nationale de Laurent Gbagbo en 1999. Condamnée
à deux ans de prison, elle a été
incarcérée deux mois, provoquant
une mobilisation nationale et internationale pour
sa libération. Aujourd’hui, en exil
à Paris par crainte des " escadrons
de la mort " qui sévissent à
Abidjan, cette femme dont on a murmuré
le nom à Marcoussis pour le poste de Premier
ministre du gouvernement de transition prend la
parole pour évoquer " la situation
de terreur " qui règne dans son pays.
Alors que le corps d’un des membres éminents
du RDR, " H " Camara, vient d’être
retrouvé criblé de balles il y a
deux jours dans les rues de la capitale ivoirienne,
une certaine émotion perce dans sa voix.
Afrik
: Les Accords de Marcoussis sont au point mort.
Qu’envisage de faire le RDR face à
cette situation ?
Henriette Diabaté : Les Accords de Marcoussis
sont une véritable réussite. C’est
le seul moyen de faire revenir la paix en Côte
d’Ivoire. Si Laurent Gbagbo ne voulait pas
signer ces Accords, il fallait qu’il le
dise ! Pour le moment, nous attendons. Nous ne
pouvons pas demander à nos militants d’entreprendre
une action alors que nous, nous sommes là,
à l’abri. Les gens qui militent à
nos côtés, ceux qui nous ont accueillis
et même certaines personnes qui n’ont
aucun rapport avec notre mouvement mais qui portent
des noms originaires du Nord sont actuellement
en danger.
Afrik
: Que pensez-vous des manifestations de soutien
au président Gbagbo qui ont lieu quotidiennement
ces derniers jours à Abidjan ?
Henriette Diabaté : Pour moi, elles sont
complètement organisées. Les gens
sont manipulés. Les hommes de la Direction
de la surveillance du territoire (DST) ont tout
pouvoir et ils terrorisent la population. Ils
savent qu’ils seront impunis, ils sont très
près du bon dieu. Si vous n’êtes
pas de leur côté, vous prenez le
risque d’être assassiné. On
sait très bien qui va aux manifestations
et qui n’y va pas.
Afrik
: Pensez-vous que la situation est meilleure pour
les habitants du nord du pays ?
Henriette Diabaté : Bien sur. Il n’y
a pas de couvre-feu là-bas, ou s’il
y en a un, il n’est pas appliqué.
A Noël, les gens ont pu aller à la
messe de minuit. Ils peuvent aussi célébrer
la tabaski (ou Aïd el Kébir, ndlr).
Paradoxalement, c’est dans ces zones occupées
qu’ils sont le plus libre !
Afrik
: Quels sont vos rapports avec le Mouvement patriotique
de Côte d’Ivoire ?
Henriette Diabaté : On soupçonne
toujours le MPCI d’être le bras armé
du RDR ! Ce n’est pas le cas. Nous nous
connaissons tous et nous nous superposons parce
que nous jugeons que le programme du MPCI est
un programme acceptable. Lorsque je me suis présentée
aux législatives, j’avais mis Guillaume
Soro dans ma liste parce que j’avais jugé
que c’était un jeune homme brillant
aux idées intéressantes. La lutte
contre la xénophobie et l’exclusion
fait que nous sommes en phase. Mais nous n’avons
pas les mêmes façons de vouloir prendre
le pouvoir. Nous voulons une transition par les
urnes, eux par les armes.
Afrik
: Quel regard portez-vous sur la tentative de
coup d’Etat du 19 septembre 2002 ?
Henriette Diabaté : Le RDR condamne cette
tentative depuis le premier jour, comme toute
tentative de prise de pouvoir par les armes. Nous
sommes pour l’exercice du pouvoir par des
forces démocratiques. Si le MPCI devient
un adversaire sur la scène politique ivoirienne,
nous sommes prêt à les affronter
par la voix des urnes et à nous battre
démocratiquement pour conserver nos militants.
Afrik
: Quels sont vos rapports avec les deux autres
mouvements rebelles de l’Ouest ?
Henriette Diabaté : Nous ne les connaissons
pas. Nous n’avons pas rapports avec ces
deux mouvements.
Afrik
: Comment s’est passé pour vous la
journée du 19 septembre ?
Henriette Diabaté : Je suis sortie de chez
moi au matin... Je suis allée me réfugier
chez des amis. Je suis passée par beaucoup
de maisons avant de pouvoir prendre la route de
la frontière. Finalement, j’ai rejoint
Alassane Ouattara à Libreville et de là
je suis partie au Sénégal.
Afrik
: Envisagez-vous de revenir en Côte d’Ivoire
?
Henriette Diabaté : Pas pour le moment.
Je sais que des gens viennent visiter ma maison
tous les jours là-bas. Cela fait quatre
mois maintenant que je suis ici...
Ces Publications :
ANIABA,
un Assinien à la cour de Louis XIV,
Paris, ABC, Abidjan, NEA, 1975.
La
marche des femmes sur Grand-Bassam, Abidjan,
NEA, 1975.
Le
Sanwi, Sources orales et Histoires, Essai
de méthodologie. Abidjan, NEA, 1986.
Mémorial
de la Côte d’Ivoire, Volume1,
époque précoloniale. (Direction
et collaboration). AMI, 1987.
Eglise
et société Africaine. Paroisse Saint-Pierre
de Jacqueville, un siècle d’apostolat.
Abidjan, NEA, 1988.
Toujours
plus haut, Notre Abidjan.
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