LES VOIES DU CONSENSUS NATIONALE

Le consensus national ayant été rompu avec l’avènement du multipartisme en avril 1990, et en raison de l'incapacité du PDCI à renouveler la société ivoirienne, des Ivoiriens ont éprouvé le besoin de créer le Rassemblement des Républicains (RDR) pour favoriser l’émergence d'un nouveau consensus national. Le RDR ambitionne de rassembler les Ivoiriens dans une véritable République autour des valeurs que sont la liberté, la justice sociale, la démocratie vraie et le travail comme moyens privilégiés pour l’Ivoirien de s'intégrer harmonieusement dans la société, et pour la Côte d'lvoire de se hisser économiquement au niveau des nations modernes et développées. Telles sont pour les initiateurs et les militants du Rassemblement, les conditions d'émergence d'homme nouveau.


I UNE CÔTE D'IVOIRE, RÉPUBLICAINE, DÉMOCRATIQUE ET RESPECTUEUSE DE SA DIVERSITÉ

1. Créer les conditions politiques d'une démocratie véritable

L’avènement du pluralisme politique n'a pas engendré la démocratie en Côte d’Ivoire. La création d'une véritable démocratie suppose :

- Le respect et la promotion des Droits de I'homme, à savoir l’élargissement du champ des libertés individuelles et collectives, la séparation effective des pouvoirs et l'impartialité de I'État ;
- L'égalité dans I'accès aux médias État, c'est - à - dire l’abandon de la monopolisation de la Radio et de la télévision nationale par le parti au pouvoir ; la mise sur pied d'une commission chargée de réguler l’utilisation des organes de presse étatiques par les partis politiques ;
- La moralisation de la vie publique qui implique l'inventaire des biens du chef de État, des membres du Gouvernement, des présidents des institutions, des présidents de conseils d'administration et des directeurs généraux des sociétés État, des établissements nationaux, des sociétés d'économies mixtes, etc... à leur sortie de fonction ;
- Le financement des partis politiques par la prise effective de la loi devant définir les modalités du financement selon le principe arrêté par la loi portant statut des partis et groupements politiques ;
- La dépolitisation de I'administration publique par la séparation du parti au pouvoir et de État ;
- Le rapprochement de l’administration du citoyen par la décentralisation du pouvoir et le renforcement de la communalisation.

2. Réviser la constitution et les textes législatifs réglementaires

La constitution ivoirienne qui date de 1960, ne répond plus, dans ses grandes lignes, aux exigences politiques et sociales de notre pays. D'où la nécessité de la création d'une commission de réforme de la constitution composée notamment des représentants des partis politiques.

Le nouveau contexte du pluralisme politique impose une modification de I'article I relatif à la vacance de la présidence de la République. Il faut remplacer l’investiture de plein droit du président de I'Assemblée nationale par l'intérim de la présidence.

Il est également impérieux de limiter le nombre de mandat présidentiel et de tenir compte de l'existence depuis 1990 d'un poste de premier ministre à qui doivent être reconnus des pouvoirs et des compétences propres afin d'éviter les blocages paralysants en cas de cohabitation.

De plus, le contenu et les contours du pouvoir législatif doivent être précisés par rapport à l'exécutif, afin de le renforcer en I'élargissant à toutes questions fondamentales concernant la nation et pour lesquelles le peuple doit être consulté à travers ses représentants.

Enfin, un régime excluant les excès et combinant les vertus du présidentialisme avec celles du parlementarisme nous paraît convenir mieux à la Côte d'lvoire. Concernant les textes législatifs et réglementaires, il faut rappeler qu'après plus de trente ans d'indépendance, notre pays n'a pas encore conçu une législation économique d'ensemble qui lui soit propre. L’actualisation des textes en vigueur s'impose donc pour épouser l’évolution des conditions économiques et sociales, I'approfondissement de la décentralisation par une communalisation plus poussée, et la prise en compte des exigences de l'intégration régionale dans le cadre de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine) et de la CEAO (Communauté des États de I'Afrique de l’ouest).

En matière de libertés publiques et individuelles, des réformes s'imposent. Pour préserver le climat de paix sociale, le code de procédure pénale, notamment ses dispositions concernant le mandat de dépôt, doit être revu dans le sens de la limitation des abus de la détention préventive. Dans le code pénal, les conditions de la répression du vol ne doivent pas être disproportionnées par rapport à la faute commise. Il faut éviter que l'inefficacité des lois ne conduise à l’injustice et au surpeuplement des maisons d'arrêt.

En matière de droit de la famille, la révision des textes s'impose également pour renforcer la solidarité familiale. Pour plus de justice, la réforme de la loi successorale paraît plus qu'urgente.

En matière d'intégration régionale, la Côte d'Ivoire doit mettre sa législation interne en harmonie avec les conventions internationales dont elle est signataire, conformément à l’article 55 de la Constitution qui dispose que les conventions régulièrement ratifiées ont une autorité supérieure à celle de la loi.

3. Faire émerger en État De droit pour consolider les sentiments de sécurités, de justice et de confiance

La notion État de droit signifie la soumission de tous, y compris I'administration, au droit. État de droit engendre un climat de sécurité, de justice, d'équité, de transparence et de paix, parce qu'il supprime l’arbitraire et les sentiments de frustration.

L'application de la loi ne doit pas être sélective. Tout citoyen, même responsable politique, doit être soumis au droit en vigueur sans la moindre discrimination.

Il ne doit plus y avoir entre l'organe chargé d'appliquer la loi et les citoyens, des rapports de défiance, mais un rapprochement de la justice du justiciable.

4. Renforcer l'Unité nationale et la Paix

Le préambule de I'Acte constitutif de l’UNESCO reconnaît que "les guerres, prenant naissance dans l’esprit des hommes, c'est dans l'esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix."

L'adoption d'un code électoral discriminatoire trente-quatre ans après l'indépendance atteste, plus que tout autre discours, que l'unité nationale n’est pas à parachever mais à conduire et à consolider.

Faire d'une mosaïque d'ethnies une nation où, sans nier les différences culturelles, l'on se reconnaisse avant tout comme ivoirien: tel est l'idéal du Rassemblement Des Républicains.

Pour y parvenir, pour rassembler les Ivoiriens autour de ces valeurs cardinales que sont la paix et l'unité nationale, la famille et l’école devront renforcer I'éducation civique et inculquer à l’enfant la compréhension entre les hommes, la tolérance, I'acceptation des différences, le refus de toutes formes de discrimination et d'injustice, et le respect des minorités.

Ce sont là les conditions de la culture de paix qu'il faut absolument promouvoir.


II UNE ÉCONOMIE LIBÉRALE FONDÉE SUR LA COMPÉTIVITÉ ET LA PARTICIPATION DE TOUS

1. Une économie ayant pour finalité l’homme

Étant au centre de toutes les préoccupations du RDR, l’homme, acteur et bénéficiaire du développement, participera activement à la conception, à la définition et à la réalisation de toutes les activités économiques, sociales, politiques et culturelles de la nation.
La politique économique du RDR privilégiera :

- La santé, condition indispensable pour produire et jouir des fruits de son travail;
- L’éducation pour valoriser les ressources humaines et les rendre compétitives;
- La jeunesse, la force vive de la nation, à promouvoir des points de vue du savoir être et du savoir-faire; - La femme, à revaloriser économiquement et culturellement;
- La sécurité, renforcer pour consolider la paix.

2. Une économie libérale compétitive

En vue de satisfaire les besoins essentiels des Ivoiriens, le RDR fera la promotion de l’économie de marché, de la libre entreprise et de l’initiative privée.

Contrairement au passé, le libéralisme économique sera moins interventionniste afin de permettre aux promoteurs ivoiriens de prendre une part plus active au processus du développement économique et social. Le désengagement de l’Etat des secteurs primaires, secondaires et tertiaires sera soutenu par:

- Un allègement des coûts des facteurs de production;
- Une simplification des textes administratifs et réglementaires;
- Une défiscalisation appropriée, Une création de zones franches.

3. La décentralisation, la régionalisation par pôles de croissance et L’aménagement du territoire comme facteur de développement

Les décisions les plus efficaces étant celles qui associent étroitement les populations concernées, la décentralisation conférera à chaque région une large autonomie aux plans décisionnels, économique et financier.
La régionalisation transformera donc chacune des dix régions en collectivités territoriales dotées d'assemblées elles-mêmes composées des représentants de État (préfets, sous-préfets, directeurs régionaux et départementaux), de la société civile (responsables des groupements à vocation coopérative, des corporations professionnelles, des représentants des villages, d'associations de développement et d’ONG), et des élus (députés et maires). Les populations devront se sentir les véritables initiatrices des politiques régionales.

Ces assemblées régionales seront des instruments de politique de développement en ce qu'elles devront exploiter toutes les potentialités économiques, culturelles et touristiques des régions pour créer des centres de formation professionnelle débouchant directement sur l’emploi, et pour susciter la création de micro-entreprises susceptibles de freiner durablement l’exode des jeunes vers les grands centres urbains. La politique d'aménagement du territoire se fera en fonction des potentialités des régions et selon une répartition équitable des moyens financiers qu'offre le budget national.

4. Une économie forte et diversifiée

S’agissant notamment du secteur agricole, moteur de notre économie, la nouvelle politique économique s'efforcera de mettre en valeur toutes les potentialités sur les plans humains, culturel et environnemental.

Cette politique visera la réalisation de l'auto suffisance alimentaire. Les produits d'exportation devront être diversifiés, gagner en qualité afin d'améliorer leur compétitivité sur les marchés internationaux.

Une politique de filière bien appropriée permettra d'apporter des solutions économiques cohérentes proches des besoins réels. L'implication progressive des nationaux dans les circuits de distribution et de service doit être organisée et accélérée.

Sur le plan monétaire et financier des établissements de financement devraient être mis en place pour chaque secteur. Des mesures d'accompagnement devraient donner la possibilité à chaque banque privée de prendre une part de plus en plus active dans les opérations économiques.

L'inflation doit être maîtrisée par la mise en place d'une politique monétaire et budgétaire appropriée.

5. Relever le défi technologique et industriel

Le développement technologique et industriel est, pour le RDR, un défi important à relever rapidement pour doter la Côte d'lvoire d'une économie forte et la hisser au rang des pays industriels.

Ce combat demande une redéfinition complète de la politique industrielle à court et à long terme. Cette politique industrielle doit aller au-delà de l’agro-industrie et devenir à terme un véritable moteur économique.

La Côte d'lvoire regorge de potentialités industrielles importantes dans plusieurs domaines et possède les compétences techniques capables de les exploiter.

Un plan technologique national intelligent permettra de réunir toutes les conditions nécessaires pour une maîtrise technologique et une industrialisation accélérée.


III UNE ÉDUCATION SANS EXCLUSION ET UNE FORMATION POUR L'EMPLOI

1. L'école comme lieu d'émergence de la nouvelle Côte d'Ivoire

Le Rassemblement Des Républicains se fixe comme idéal :

- L'avènement d'une école sans déchet, une école qui reconnaisse en chaque enfant des aptitudes, qui le prenne en charge et l'oriente en fonction de ses aptitudes;
- Une école qui favorise l'intégration sociale, culturelle, professionnelle et régionale;
- Une école qui instruise tout en éduquant le futur citoyen;
- Une école qui favorise la compréhension entre les hommes, l'acceptation des différences, et le refus de toutes formes de discrimination et d'exclusion;
- Une école qui développe l'esprit d'initiative, d'entreprise et de créativité;
- Une école qui valorise autant la formation pratique que la formation théorique.

2. La sélection-orientation en lieu et place de la sélection exclusion.

L'objectif du RDR est de lutter contre le système élitiste et les fortes déperditions scolaires. Entre 1980 et 1994, le taux d'échec au baccalauréat a oscillé entre 72 et 86% sans qu'il soit envisagé une politique de prise en charge de ceux que I'école a exclus.

Pour l'entrée en 6ème, le taux d'échec est demeuré dans la fourchette de 70 à 85%, ce qui a jeté à la rue des milliers de jeunes sans le moindre encadrement. Il est temps de mettre en place une vigoureuse politique éducative qui prenne en compte, non plus une minorité, mais l'ensemble des jeunes qui seront désormais orientés en fonction de leurs aspirations et aptitudes.

L'école nouvelle, démocratique et adaptée à I'évolution économique, sociale et culturelle de la société, doit cesser d'être un lieu d'exclusion pour devenir un lieu de promotion qui dispense des formations pour I'emploi.

L'école nouvelle mettra I'accent sur la professionnalisation de la formation en ouvrant des filières pour la formation professionnelle et en créant des passerelles entre différents types de formation.

3. L 'Enseignement Supérieur formateur pour I'Emploi et la Recherche Scientifique moteur du développement

Ce niveau de formation sera l'occasion pour ceux qui souhaitent poursuivre leurs études de se spécialiser dans les filières précédemment choisies. La Recherche Scientifique se fera en alternance avec I'Enseignement Supérieur pour enrichir et adapter le contenu de l'enseignement.

En outre, la recherche scientifique établira des contrats de partenariat avec les entreprises soucieuses de s'appuyer sur les résultats des recherches pour accroître leur compétitivité Compte tenu de la forte demande sociale de formation, État favorisera la création d'Universités privées.

En tout état de cause, la Recherche devra être le moteur indispensable du développement économique, social et culturel. L'histoire de l'évolution du monde atteste que les pays qui ont réussi un développement scientifique et technologique, ont tous appuyés sur la Recherche Scientifique.

Certains pays asiatiques devenus enviables, ont imaginé des mesures initiatives pour motiver les chercheurs (moyens, conditions de travail et salaires) à qui des missions spécifiques ont été confiées dans des domaines agricoles ou industriels, et les résultats obtenus ont été éclatants.

Le chercheur mettant les fruits de ses travaux à la disposition des décideurs, et la politique étant la saine appréciation des réalités, toutes décision politique devra s'appuyer sur une connaissance objective des réalités.

4. Stratégies communes aux cycles

Pour répondre à la vocation agricole de la Côte d'lvoire, l'ensemble du système éducatif devra mettre I'accent sur les formations agricoles en valorisant les métiers de la terre. Chaque cycle d'enseignement devra être autonome et déboucher sur un emploi.

Des passerelles seront mises en place pour faciliter le passage d'une filière de formation à l'autre.

5. Promouvoir I'emploi des Jeunes comme moyen privilégié d'intégration

L'emploi est un des meilleurs critères d'intégration de l'individu dans sa société. Par une politique d'adéquation entre la formation et les besoins du marché de l'emploi, le RDR réduira sensiblement le chômage des jeunes diplômés.
Le développement de l'esprit d'entreprise et de créativité aidera chaque jeune à se prendre en charge en initiant des activités lucratives aussi bien en milieu rural qu'en meilleur urbain.

6. Stratégies pour l'emploi

En plus de la mise en oeuvre d'une politique de I'emploi profitable à I'ensemble des actifs, le RDR mettra un accent particulier sur l'emploi des jeunes qui représentent la grande majorité de la population nationale.

- Valoriser les secteurs agricoles et informels principaux pourvoyeurs d'emploi en ces périodes de crise, afin d'y attirer les jeunes.
- Créer un observatoire de l'emploi ayant pour mission d"informer régulièrement sur les potentialités du marché de l'emploi et sur les créneaux porteurs, afin de guider les jeunes en formation.
- Imaginer des mesures initiatives (encadrement et financement) pour jeunes concepteurs de projets agricoles et industriels.
- Favoriser la création d'une banque de développement ayant pour mission de mettre à la disposition des jeunes entrepreneurs et créateurs d'entreprises, des prêts remboursables à des conditions souples. Cette banque pourrait bénéficier de la participation d'actionnaires privés ivoiriens, de État et de la coopération internationale bilatérale et multilatérale.
- Faire du travail une valeur cardinale à inculquer aux enfants dès la maternelle. L'amour du travail bien fait et I'acharnement au travail devront être les plus sûrs moyens pour I'homme de s'affirmer en tant qu'être social.


IV LA SANTÉ COMME DROIT ET LA SÉCURITÉ SOCIALE POUR TOUS

Avec un médecin pour 12.500 habitants, la Côte d'lvoire est loin des normes établies par I'OMS qui indique un ratio d'un médecin pour 2.000 habitants.
La vétusté du matériel, la cherté des médicaments; l'inexistence de la sécurité sociale pour la grande majorité des Ivoiriens, mais surtout l'insuffisance de la gestion et la faiblesse de la planification sont aussi des contraintes auxquelles il faut ajouter le poids de la croissance démographique et la paupérisation des populations amplifiées avec la dévaluation du franc CFA.

La persistance des grandes endémies telles que le paludisme, l'onchocercose, la trypanosomiase et le pian, et I'apparition de redoutables pandémies comme le SIDA, la drogue et l'alcool, achèvent d'assombrir le tableau tout en pénalisant fortement la population active.

1. La santé comme droit

Pour assurer la pleine efficacité de la gestion du système sanitaire et social, il faut parvenir à l'utilisation optimale des moyens existants en vue de les mettre au service de tous. La réalisation de cet objectif suppose:

- Le rééquilibrage fonctionnel du système au projet des formations du secteur primaire conduisant à une meilleure orientation et à un meilleur traitement des usagers.
- La réhabilitation des infrastructures dans laquelle une programmation de l'entretien et du renouvellement du matériel sera prévue.
- Le respect des indicateurs d'une carte socio-sanitaire (couverture des populations, accessibilité) en prenant en compte l'organisation et la promotion du secteur privé.
- La réorganisation da la gestion du personnel basée sur la restructuration du fichier central des personnels, en redéployant les excédents dans les structures déficitaires.
- La réforme de la formation initiale et continue de tous les personnels de la santé et de la protection sociale.
- La révision du système d'information sanitaire et sociale à partir des données épidémiologiques, et l'informatisation des personnels, infrastructures et médicaments.
- Le développement de la recherche médicale et sociale, avec une attention particulière accordée à la médecine traditionnelle et la pharmacopée africaine afin de déterminer les champs de collaboration avec la médecine moderne.
- L'institutionnalisation d'un contrôle rigoureux de la gestion des services, basée sur une série d'indicateurs d'activités et de résultats de gestion identifiant les écarts pour une correction rapide ou des sanctions éventuelles.
- La participation effective des Ivoiriens pour mobiliser des ressources nouvelles complémentaires des obligations financières de État

2. La sécurité sociale pour tous

Il existe depuis 1952 en Côte d'lvoire un système de protection sociale, amélioré en 1968 par la création de la CNPS (Caisse Nationale de Prévoyance Sociale) qui sur les 9 régimes qu'exige la convention 102 n'en couvre que 3:
- Les prestations familiales et assurances maternité;
- Les accidents de travail et maladies professionnelles;
- L'assurance vieillesse et l'invalidité.

Viennent en appoint :

- MGFAE, crée en 1973, et autres mutuelles de groupements socioprofessionnels qui contribuent à la réparation des risques sociaux liés à la maladie, par la couverture en partie des frais engagés par I'adhérent;
- Les compagnies privées d'assurances régies par la loi du 13 Juillet 1970.

Ce système de protection sociale en vigueur qui exclut d'office la très grande majorité de la population (90% au moins), n'est plus en adéquation avec les besoins réels des Ivoiriens en matière de santé.

Le RDR ambitionne donc :

- A travers l'amélioration de l'existant de la CNPS, d'étendre sa couverture aux autres risques, jamais pris en compte: la maladie, le chômage, le logement et surtout aux populations non couvertes (travailleurs agricoles, travailleurs des professions libérales, travailleurs, du secteur informel, populations non actives et indigents).

- De mettre en place un Système National de Sécurité Sociale choix majeur et capital, choix de société et d'éthique qui doit faire appel aux valeurs les plus essentielles de I'Afrique profonde : LA SOLIDARITÉ ET LA FRATERNITÉ.

L'approche de cet instrument nouveau doit être considérée sous un jour différent.

- Destiné uniquement aux soins de santé c'est-à-dire à couvrir les risques de la maladie et les charges de maternité.
- A travers un impératif d'égalité et de justice sociale, donner à chacun, quels que soient ses revenus personnels, la possibilité d'accès aux soins correspondant à son état de santé.
- Reporter le coût de la maladie sur l'ensemble des actifs et non sur les seuls salariés tant du secteur public que privé qui représentent dans leur ensemble moins de 5% de la population.
- Mobiliser et assurer une gestion rigoureuse et moderne des ressources dans un système décentralisé qui devrait être le droit commun en matière de santé, laissant à État son domaine propre de centralisation des ressources, de coordination, d'harmonisation nationale et surtout de péréquation inter régionale en raison de la disponibilité des revenus d'une région à une autre.
- Solliciter la participation active et volontaire des populations.


V UNE VÉRITABLE PROMOTION DE LA FEMME

1. Reconnaître le rôle primordial de la femme dans l'économie nationale

On a coutume de ne présenter la femme que comme procuratrice tout en minimisant son rôle dans la production et la commercialisation des richesses nationales.
Or les femmes représentent 50.5% des travailleurs agricoles et 63.5% des travailleurs du secteur informel.

Mais, pour des raisons qui tiennent au poids des traditions et à une politique d'injustice qui les pénalise du point de vue de la scolarisation et de l'alphabétisation, les femmes ne sont que 8.2% des travailleurs du secteur moderne.

Pour rétablir l'équilibre il est urgent de mettre un accent particulier sur la scolarisation des filles.

Mettre en lumière le rôle important de la femme dans l'économie nationale, c'est contribuer à la valoriser et enrayer complètement le complexe d'infériorité que la société lui inflige.

2. Promouvoir la femme comme productrice

De richesses nationales et gardiennes des valeurs culturelles Conscient du rôle privilégié que joue la femme aussi bien dans la cellule familiale que dans la société, le RDR s'engage à promouvoir et à appuyer toutes les entreprises féminines.

La famille reposant essentiellement sur la femme, la jeune fille doit être conscientisée sur son futur rôle d'épouse, de mère, d'éducatrice et de gardienne des valeurs cardinales de la société.


VI LA CULTURE COMME SOURCE DE REVENU ET COMME RÉPONSE AUX PROBLÈMES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX

1. La culture comme source de revenu

La culture ne sera plus perçue comme un secteur parasitaire qui engloutit une par importante du budget sans engendrer la moindre ressource financière.
Une politique volontaire favorisera la genèse de véritables industries culturelles qui fassent vivre décemment les artistes et tout producteur culturel.

2. La culture comme réponse au surgissement ininterrompu des Problèmes économiques et sociaux

Fort de sa culture, chaque groupe social réagit de façon spécifique devant les problèmes de la vie.

Dès sa tendre enfance, I'Ivoirien doit être imprégné des éléments de sa culture afin d'y puiser, le moment venu, des réponses appropriées aux innombrables problèmes qu'impose la vie en société.

La plupart des programmes de développement initiés en Afrique ont échoué faute d'avoir pris en compte la dimension culturelle.

Afin de lui conférer un caractère humain et d'y impliquer véritablement les populations, chaque projet de développement devra désormais s'appuyer sur la culture des acteurs et des bénéficiaires.

3. La culture nationale populaire comme base de l'unité nationale

La diversité ethnique et culturelle doit être perçue comme un enrichissement et non comme un obstacle à la construction de l'unité nationale.

Le RDR se donne pour mission de contribuer au développement de cette culture nationale populaire qui prend naissance dans les centres urbains où se forge progressivement l'identité ivoirienne.

Le village et la ville devront être de plus en plus ces lieux de convivialité culturelle où l'on se sent d'abord et avant tout Ivoirien.


VII LA COMMUNICATION COMME MOYEN DE PARTICIPATION DÉMOCRATIQUE AUX PRISES DE DÉCISION

1. Communiquer autrement

Le RDR mettra en oeuvre une politique de communication qui valorise le citoyen en tant qu'émetteur et récepteur.

L'expression plurielle des idées et la prise en compte des différences de sensibilités politiques, religieuses et syndicales, associatives et individuelles sont des conditions fondamentales de l'exercice de la démocratie.

Les médias d'État (Radio et Télévision) devront donner l'exemple en faisant de chaque auditeur ou téléspectateur un éventuel émetteur d'idées.

Ces moyens de communication ne devront plus être abusivement monopolisés non par un parti ni par un individu, quel que soit son pouvoir ou son statut social.

2. Communiquer véritablement

Dans son acceptation la plus large, la communication dépasse le domaine strict des médias pour englober les relations interpersonnelles.

- Savoir écouter leurs interlocuteurs ;
- Tenir compte des critiques et propositions ;
- Faire preuve d'une grande ouverture d'esprit ;
- Avoir une grande capacité de persuasion ;
- Veiller à I'amélioration l'image de marque de la Côte d'lvoire à l'intérieur comme à l'extérieur de nos frontières nationales.

Le Parti gagnerait en audience s'il parvenait à impulser ces types de comportements au niveau des agents de État, et des gestionnaires de la chose publique.
Ce sera une contribution notable à l'émergence d'une mentalité nouvelle.


VIII UNE DIPLOMATIE POUR LA PAIX, LA SOLIDARITÉ, ET LE DÉVELOPPEMENT

1. Paix et intégration

La recherche de la paix non seulement à l'intérieur, mais aussi à l'extérieur de la Côte d'lvoire a été le vecteur de la politique mise en place par les autorités politiques avant et après I'accession de notre pays à l'indépendance.

Cette politique de paix, conjuguée avec l'option du libéralisme économique totalement ouverte sur l'extérieur, a renforcé l'unité nationale, la stabilité politique et la confiance de l'extérieur, rendant ainsi possibles les investissements de capitaux étrangers.

Dans le droit fil du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) crée le 18 octobre 1946 à Bamako, la Côte d'lvoire a toujours recherché l'union, le regroupement, l'entente et l'intégration des pays de la sous-région en vue d'harmoniser les stratégies des politiques nationales de développement autocentré et endogène dès I'accession de ces pays à la souveraineté nationale.

Les tentatives de coopération continentale et sous-régionale ne sont donc pas nouvelles en Côte d'lvoire. Il est temps, à présent, de mettre I'accent sur le rôle de État dans la société et sur le rôle de notre pays en Afrique et dans le monde.

Cela, conduira à une prise de conscience des citoyens, de leur destin commun tant au niveau national qu'au niveau continental et mondial. Il s'agit d'une redéfinitions de la solidarité et de l'intégration et de la prise en compte de cette solidarité dans le fonctionnement effectif et dans la création de nouvelles institutions inter-africaines.

L'intégration économique, l'intégration politique, l'intégration sociale et l'intégration culturelle doivent aller ensemble. Les peuples africains doivent expérimenter leur solidarité tant dans les domaines économique et politique que dans les domaines social et culturel.
Face à l'impératif de la mondialisation et dans le strict respect du principe de la réciprocité qui est le vecteur principal du droit international, la Côte d'lvoire doit promouvoir une politique d'intégration et de coopération mieux adaptée aux besoins des peuples africains et des autres pays.

En effet, si le continent africain veut mettre fin à sa marginalisation au moment où d'autres continents se restructurent, il doit oeuvrer pour la création de véritables organisations super-nationales.

2. Solidarité et développement

La politique étrangère du RDR se résume à une diplomatie pour le développement dans la paix et la pluralité des cultures.

Pour consolider la paix, cette pluralité doit d'abord se vivre au plan national afin de renforcer l'unité nationale malgré les différences ethniques et religieuses qui devraient être des sources d'enrichissement plutôt que des facteurs de risques prompts à désintégrer les nations africaines.

Au plan international, les nations sont interdépendantes, et l'intensification des échanges devrait être un moyen de faire émerger I'idée d'une civilisation plurielle susceptible de contribuer à l'acceptation naturelle des différences et au règlement pacifique des conflits. L'écroulement du mur de Berlin, la réunification des deux Allemagnes, l'effondrement des régimes totalitaires, l'émergence de démocraties libérales en Europe de I'Est, la perestroïka à Moscou marquent le triomphe de l'économie de marché, la fin des deux blocs et de la guerre froide.

Il faut souhaiter que les négociations en vue d'un désarmement plus poussé se poursuivent afin d'aboutir à I'arrêt de la course aux armements et aux interventions militaires, préalable indispensable à la réduction des dépenses militaires et à leur reconversion vers I'aide au développement.

La Côte d'lvoire, veut entretenir avec l'ensemble des pays, des relations exemplaires basées sur l'intérêt réciproque et le respect mutuel.