Géographie physique

Le pays, dont le relief s'élève vers le nord, des étendues lagunaires aux modestes hauteurs de la frontière guinéo-malienne, est marqué par la nette opposition bioclimatique qui existe entre le Sud quasi équatorial et la zone tropicale à savane du Nord.

Relief et hydrographie

Le long du golfe de Guinée, la côte (500 km) est jalonnée par la présence de vastes lagunes partiellement navigables (Tadio, Ébrié, Aby) séparées de l'océan Atlantique par de longues flèches littorales sableuses. Dans sa moitié occidentale, elle est constituée de falaises, rocheuses à l'ouest du Sassandra, puis argilo-sableuses jusqu'au cap des Palmes (frontière libérienne); dans sa moitié orientale, la côte est, au contraire, basse et sableuse.

Au nord de la bande littorale de sable, qui pénètre par endroits jusqu'à 50 km à l'intérieur des terres, s'étend une vaste plaine (150 km de largeur moyenne), puis une région de bas plateaux situés à des altitudes inférieures à 350 m; ce sont des glacis d'érosion surmontés de reliefs résiduels. Le pays s'élève ensuite vers les moyens plateaux du Nord, dont les altitudes atteignent exceptionnellement 900 m vers l'ouest. Les plus hauts sommets sont localisés dans les monts Nimba, étroite muraille culminant à 1 752 m, à la frontière guinéo-libérienne.

Les reliefs sont compartimentés par des cours d'eau souvent encaissés; la Côte-d'Ivoire est traversée par quatre fleuves, la Comoé, le Bandama, le Sassandra et le Cavally, tributaires de l'océan Atlantique, et par une multitude de rivières. Ces fleuves, au débit irrégulier et par endroits coupés de rapides et de chutes, sont navigables – notamment pour le flottage du bois en grumes – uniquement en aval. Prenant sa source au Burkina Faso, la Comoé (1 000 km) traverse le pays du Nord au Sud, à travers le Parc national de la Comoé, puis, longeant la frontière du Ghana, se jette dans l'Atlantique près de Grand-Bassam; elle a une dénivellation trop faible pour être aménagée. Le Bandama, formé de la réunion du Bandama blanc (qui prend sa source au nord de Korhogo et se jette dans le lac de retenue de Kossou) et du Bandama rouge, ou Maraoué (qui prend sa source dans le pays Malinké), poursuit sa course vers le Sud en formant le lac de Taabo, puis se jette dans le golfe de Guinée à Grand-Lahou ; deux barrages aménagés sur son cours produisent l'électricité pour la région du Centre et Abidjan. Le Sassandra, qui prend sa source en Guinée où on l'appelle Férédougouba, est grossi par deux affluents principaux, le Boa et le Tiemba, alimente le lac de retenue de Buyo puis rejoint l'océan à Sassandra. Venant de la dorsale guinéenne, le Cavally entre en Côte-d'Ivoire en pays Dan, dévale avec des rapides les zones rocheuses et trace la frontière avec le Liberia jusqu'au cap des Palmes sur le golfe de Guinée.

Climat et végétation

La Côte-d'Ivoire se divise en deux zones climatiques. Au sud, le climat côtier, subéquatorial, est marqué par des températures toujours supérieures à 18 °C, une forte humidité et une amplitude thermique pratiquement nulle; les précipitations (2 500 mm en moyenne) sont réparties entre deux saisons des pluies (avril-août et septembre-novembre); les températures, toujours élevées, oscillent entre 21 °C et 33 °C. Vers le centre du pays, les pluies sont moins abondantes (de 1 000 à 2 500 mm) et l'écart des températures moyennes (entre 14 °C et 39 °C) est plus net.

Au nord, le climat est de type tropical soudanien, avec une saison faiblement humide et une saison sèche (novembre-mai) placée sous l'influence de l'harmattan (vent sec et chaud du Sahara); l'amplitude thermique y est marquée, les températures variant de 10 °C à 42 °C.

La côte abrite de nombreuses espèces aquatiques, en particulier dans les zones de mangroves. Ces formations cèdent la place à la forêt dense, qui s'étend de la côte au 8e parallèle, dans une région qui reçoit au moins 1 700 mm de précipitations annuelles et ne connaît pas plus de deux mois secs consécutifs. Particulièrement riche en espèces nobles (acajou, okoumé, tek), cette forêt abritait au moins 130 espèces d'arbres atteignant 30 à 40 m de haut, 120 autres atteignant 20 à 25 m, et 350 espèces d'arbustes divers. Son extension (12,5 millions d'hectares dans les années 1960) a été fortement amputée par les défrichements opérés pour l'exploitation des essences commerciales et l'ouverture de vastes zones aux plantations de cultures industrielles (café, cacao); depuis 1960, elle a ainsi été amputée de deux tiers de sa surface, et ne couvre plus que 4,6 millions d'hectares (dont 1,6 million d'hectares dans les parcs nationaux). Prenant conscience du danger, l'État ivoirien a décidé de lancer une importante campagne de reboisement. La forêt claire domine au nord d'une ligne allant de Bondoukou à Man, avec des arbres plus petits qui perdent leurs feuilles à certaines périodes de l'année (en général pendant la saison sèche); plus espacés, ils permettent l'apparition d'un tapis d'herbe plus ou moins touffu. Le Nord est le domaine de la savane arborée, où les arbres laissent la place, dans les régions les plus septentrionales, à des formations d'arbustes et d'épineux, avec surtout des acacias. Ces régions centrales et septentrionales sont consacrées à des cultures traditionnelles (igname, mil) et commerciales (coton, riz, canne à sucre).