Peuple
de Côte-d'Ivoire, d'origine akan, établi dans
le centre du pays, à la jonction de la savane et de
la zone forestière.
Au
début du XVIIIe siècle, une scission au sein
du peuple Achanti de l'actuel Ghana entraîna le départ
d'une partie de la population vers l'ouest.
Les
membres du clan royal baoulé, ayant à leur tête
la princesse Abla Pokou, venaient directement de la cour de
Kumassi (Ghana). Ce royaume n'a émigré qu'à
la mort du roi Osei Toutou.
Son
fils Daaku, frère aîné d'Abla Pokou, était
prétendant au trône défunt au même
titre que son cousin Opokou Ware. |

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Battu
dans la course au trône, Daaku mourut quelque temps après
l'avènement de son cousin. Abla Pokou quitta clandestinement
le pays parce qu'elle n'avait plus son frère et unique défenseur.
Elle fut obligée d'émigrer pour sauver sa vie ainsi
que celle de son unique fils . Aidée par des sympathisants,
elle quitta le royaume de Kumassi une nuit de grandes pluies.
L'histoire
raconte que poursuivie par des soldats de son cousin, Abla Pokou
ne fut sauvée qu'après avoir sacrifié son fils
unique au génie du fleuve Comoé en crue.
C'est après ce sacrifice du fils et la traversée du
fleuve sur les dos des hippopotames que les fugitifs se donnèrent
le nom de Ba-oulé (enfant-est-mort).
Se sentant en sécurité de l'autre côté
du fleuve, la princesse, devenue reine, organisa sa suite en huit
clans (Ouarébo, Nzipbri, Saafwè, Faafwè, Manafwè,
Aïtou, Agba et Ngban). Les clans qui ne figurent pas sur la
liste sont de formation récente et sont issus de Baoulé
et de Gouro, de Malinké ou Sénoufo.
Affectée
par le sacrifice de son fils, épuisée par la longue
et pénible marche à travers la forêt, malade,
Abla Pokou mourut très tôt à Niamenou. Sa nièce
Akwa Boni lui succéda, elle installa les clans aux quatre
coins du pays et entreprit aussitôt des guerres de conquêtes
pour élargir les limites du jeune royaume. Elle soumit des
tribus Gouro, Sénoufo, Goli, Malinké et Alladjira
(Dinkyra). C'est au cours de l'une de ses nombreuses conquêtes,
plus précisément de la conquête du Yaourè,
que la grande Akwa Boni trouva la mort.
Les
guerres de conquêtes terminées, la reine imposa ses
coutumes à ses sujets (nom, succession et matrilignage).
Elle adopta, en contrepartie, certaines habitudes de vie des sujets
(danses, cultes et port de masques). Les Baoulé créèrent
ainsi une civilisation différente de celle de la cour de
Kumassi. C'est à elle que le Baoulé doit sa configuration
actuelle.
La
capitale à titre honorifique du royaume Baoulé est
Sakassou (lieu de sépulture).
Les
Boulé, tout d'abord hostiles à la pénétration
française, se lancèrent ensuite dans les cultures
industrielles du café et du cacao, qui ne tardèrent
pas à faire leur richesse.
Durant
la période coloniale, les petits planteurs africains s'opposèrent
aux colons européens à travers le syndicalisme, mené
par Félix Houphouët-Boigny (1905-1993), chef coutumier
qui n'ayant presque pas exercé son pouvoir traditionnel devint
par la suite un médecin, un homme politique de grand format
et le premier président de la Côte d'Ivoire indépendante
(1960).
C'est à l'époque d'Houphouët-Boigny que les Baoulé
prirent une position économique et politique dominante sur
la scène ivoirienne dont témoignent le transfert de
la capitale administrative à Yamoussoukro (son village natal
plus au centre du pays) en 1983 et la construction de nombreux édifices
dont la Basilique Notre-Dame de la Paix.
| LA
REINE POKOU FONDATRICE DU ROYAUME BAOULE |
Pokou immole
son unique enfant
Dans
ces temps où le sacrifice humain est admis, cette exigence
n'a rien d'extraordinaire. Qu'on immole un petit esclave ! Le gardien
des traditions sacrées secoue la tête. Non, cette fois,
les dieux ne veulent pas d'un esclave.
Ils exigent la vie d'un enfant libre, du meilleur, du plus auguste
de tous les enfants. Instinctivement les mères serrent contre
elles leurs petits. Elles se dévisagent, déjà
hostiles, déjà prêtes à défendre
ceux qui tètent leur lait.
Aucune parmi elles n'acceptera l'inacceptable. Le silence est affreux,
coupé seulement par le vagissement des enfants conscients
d'être au centre du drame.
Et Abla Pokou dit : "N'y a-t-il parmi vous un seul qui accepte
de sacrifier son nouveau-né pour la vie de son peuple ?"
Le peuple entier baisse la tête. Ces guerriers ayant risqué
cent fois leur vie; ces femmes dont l'héroïsme quotiden
a seul permis l'exode, s'enferment dans le silence. Ah, si la reine
exigeait leur propre vie à eux.
Alors, Pokou comprend. Le salut, s'il existe, ne viendra que d'elle-même.
Elle regarde son fils, cet enfant unique, ce miracle de sa vieillesse.
Elle dit: "Les dieux ont exigé, ils seront satisfait."
Elle pare l'enfant et le remet au bourreau pour aller le sacrifier
au dieu de la rivière.
Elle est maintenant, immobile et seule, grande prêtresse du
plus grand sacrifice jamais exigé par les dieux.
Alors, dit la légende, se produit le miracle. Les arbres
qui poussent sur les rives se courbent. Ils forment un pont de branches
et de lianes à travers le fleuve.
Le peuple se tenant comme il peut aux rameaux, se précipite.
Il faut que le chef des guerriers vienne chercher Pokou qui ne semble
rien voir.
Il la guide sur le pont végétal comme il le ferait
d'un enfant. Elle avance, les yeux fixes. Quand enfin elle aborde
l'autre rive, elle dit une simple phrase, Baoulé Yoya!, enfanter
est pénible. Le nom de "Baoulé" que prend
dorénavant son peuple proviendrait de cette phrase.
La
première reine des Baoulé
Car
si, jusqu'au sacrifice, Pokou semble avoir joué son rôle
de princesse, conseillère en retrait parmi les guerriers,
la voilà qui accède au rang le plus haut.
Ce n'est plus seulement la princesse, l'inspiratrice de l'exode.
En offrant son enfant, elle est devenue reine, reine et mère
de tout un peuple.
Après le passage de Pokou, les arbres se redressent. Là-bas,
sur l'autre rive, paraissent déjà les premiers Ashanti.
Impuissants, ils voient leurs ennemis disparaître dans l'obscurité
de la forêt.
Après ce passage légendaire de la Comoé, le
peuple de Pokou se divise en plusieurs rameaux. Certains vont, dit-on,
jusqu'au Togo.
Les plus nombreux suivent la reine. Ils seraient remontés
par Dimbokoro jusqu'à Sakassou, captitale des Baoulé.
C'est là que Pokou se serait établi. Elle serait morte
vers 1760 dans le petit village de Niamonou près de Bouaké
qui conserve encore le siège rond de la reine ainsi que des
objets sacrés : tambours, sièges et armoiries.
Le
destin des Baoulé
Le
successeur de Pokou est encore une femme, Akwa Boni qui a partagé
son exil chez les Sewfi.
Akwa Boni serait morte vers 1790. Son corps a été
transporté à Waribo qui devient un haut lieu du peuple
baoulé.
Jusqu'aux environs de 1850 s'excerce pleinement la puisssance de
Pokou et de ses successeurs. Ils mettent en valeur leur pays d'adoption,
y découvrent des réserves d'or.
Malheureusement des querelles dynastiques affaiblissent peu à
peu la monarchie de Sakassou dont le pouvoir temporel se réduit
à quelques villages tandis que le nom entre dans la légende.
Cette légende fait penser à Moïse emmenant son
peuple hors d'Egypte. Mais Moïse n'a pas eu besoin de sacrifier
son fils pour que s'ouvre la Mer rouge.
Abraham, autre personnage biblique qui avait accepté d'immoler
son fils Isaac, fut sauvé par son dieu avant le coup fatal.
Ici, le Don et la douleur sont allés jusqu'à leur
terme. Où marquer la frontière entre la réalité
historique et la légende engendrant vénération
du peuple ?
Une chose est réelle. L'exode a bien existé et les
Baoulé sont bien un rameau des Akan. Il n'est qu'à
comparer la civilisation de ce peuple avec celle de l'Ashanti pour
se rendre compte du lien de filiation.
Chronologie
des Evénements Importants
1680 Fondation du royaume ashanti. Début
de l'exode des Agni Brafé, Hégémonie éotile
sur les Essouma.
1690 Confédération ashanti créée
par Ossei Toutou.
1700 Bataille de Feyase, défaite du royaume
denkyira. Migration de familles denkyira. Fondation du royaume de
Kong. Naissance d'Abla Pokou. Retour d'Aniaba à Assinie.
1718 Mort d'Ossei Toutou. Querelle de succession.
1720 Début du règne d'Opokou Waré.
1742 Sac de Koumassi par Ebiri Moro, roi du Sefwi.
1750 Mort d'Opokou Waré. Querelle de succession.
Le prétendant, Dakon est tué. Fuite de la reine Abla
Pokou et de ses partisans vers l'Ouest.
1760 Mort d'Abla Pokou à Niamonou. Avènement
d'Ekwa Boni.
L'ethnie
Baoule habite actuellement dans le centre et est de la Côte
d'Ivoire, où ils arrivèrent du Ghana dans le premier
tiers du XVIIIème siècle. Au Ghana, ils avaient appris
à dominer, comme les Ashanti, le maniement du métal,
et dans leur nouvel emplacement ils ont dû apprendre des Guro
à travailler le bois. La combinaison de leur ancienne habileté
avec le nouvel apprentissage a donné comme résultat
un art techniquement supérieur, et une esthétique
équilibrée. Un exemple est ces masques Kple-kple.
Le visage fait référence au soleil, et ses rayons
sont représentés par des triangles peints. Les cornes
de buffle sont un symbole de la fertilité. La douce patine
utilisée, indique que la recherche de la beauté est
une des principales caractéristiques de l'art Baoule. Ces
masques sont employés dans les rites relatifs à l'griculture,
la fertilité et aussi dans les cérémonies funèbres.
Les Baoule n'ont pas de rites d'initiation.
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Masques
Baoulé |
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