Population

Dossiers sur les Populations ivoiriennes :
Les Sénoufo
Les Krou (Bété, Guéré, Wobé, Dida, Krou, Bakwé et Godié)

Les Baoulé

La population ivoirienne se répartit de manière très inégale: le Sud-Ouest est presque vide, la région d'Abidjan est surpeuplée et le tiers de la population vit dans des villes de plus de 10 000 habitants. Cette population est très jeune: 48,2 % a moins de 14 ans. Le taux d'accroissement naturel (3,8 %) [estimation 1997] est l'un des plus élevés au monde; la population a ainsi plus que triplé ces trente dernières années, passant de 5,4 millions en 1970 à 13,5 millions en 1995; la projection démographique laisse prévoir 18 millions d'habitants en l'an 2000.

Le taux de population urbaine (42 % en 1992, contre moins de 25 % dans bon nombre de pays d'Afrique noire) a considérablement augmenté depuis la période coloniale. Située au bord de l'océan Atlantique, l'agglomération d'Abidjan est, avec 2,6 millions d'habitants [1994], la deuxième métropole de l'Afrique de l'Ouest après Lagos (Nigeria). Les autres villes importantes sont Yamoussoukro (environ 120 000 h.), capitale politique et administrative depuis 1983, Bouaké, la capitale baoulé (329 850 h.), Gagnoa (93 500 h.), Daloa (59 500 h.) et Man (59 000 h.). Face à Yamoussoukro, au rôle essentiellement administratif, Abidjan – qui fait figure de capitale économique – accueille les grandes fonctions tertiaires (banques et commerces).

La Côte-d'Ivoire a accueilli une forte proportion d'immigrés venus du Mali et surtout du Burkina (Mossis); on estime que les étrangers africains représentent près du quart de la population. Les Français, les Libano-Syriens et les Chinois forment les seules grandes communautés non africaines. Le jeu des migrations internes et l'exode rural ont bouleversé la répartition spatiale de la population. Avec la généralisation de l'économie de plantation dans les années 1920, des paysans venus du Nord et du Centre, notamment les Baoulés et les Dioulas, sont descendus vers la forêt pour cultiver le café et le cacao.

Les colonisateurs français ont regroupé les ethnies (une cinquantaine en Côte-d'Ivoire) en grandes familles, suivant des critères essentiellement linguistiques ; c'est ainsi que l'on peut reconnaître dans le groupe linguistique kwa, les Akans, originaires du Sud et du Centre-Est, eux-mêmes subdivisés en plusieurs groupes (Baoulés, Agnis, Achantis, Abros, etc.); les ethnies du groupe linguistique krou (Bétés, Wobés, Guérés, etc.), venant du Sud-Ouest. Les Kouas, ou Kras (dans les zones lagunaires), au sud, comptent plusieurs ethnies, dont les Ébriés et les Abbés. Au nord sont installés des agriculteurs comme les Sénoufos et les Lobis (groupe linguistique voltaïque), des éleveurs comme les Peuls, les Dans et les Malinkés (groupe linguistique mandé). Depuis les grandes sécheresses des années 1970, les Peuls sont en cours de sédentarisation. Les Dioulas, autre peuple mandé, sont traditionnellement commerçants; c'est d'ailleurs pourquoi ils avaient été placés au sommet de la «hiérarchie» ethnique par l'administration coloniale française. La langue officielle est le français. La langue des Malinkés, le dioula, est comprise dans tout le pays. L'agni, le baoulé, le sénoufo et le bété sont largement parlés. La vie citadine d'Abidjan a donné naissance à un pidgin, le français populaire ou petit français, qui joue un rôle véhiculaire dans les villes.

Composition Ethnique :