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La
Côte-d'Ivoire sort de plusieurs années de récession, due à la baisse des
prix mondiaux du cacao et du café. Le programme de redressement (remboursement
échelonné de la dette, baisse des dépenses publiques, diminution du nombre
de fonctionnaires, privatisation de certaines entreprises d'État) et la
dévaluation du franc CFA (1994) ont favorisé le redémarrage depuis 1995.
Agriculture
L'agriculture, qui représente près de la moitié du PIB, a été le fondement
du «miracle ivoirien», longue période de croissance économique (1960-1978)
opérée dans le cadre d'un libéralisme planifié et d'une stratégie de développement
fondée sur les cultures d'exportation. La balance agricole demeure largement
excédentaire (18,5 % du PNB). L'agriculture se répartit pour moitié entre
les cultures vivrières et les cultures d'exportation.
La
plus importante des cultures d'exportation est le cacao, dont la Côte-d'Ivoire
est devenue le premier producteur mondial. Bien que des petits planteurs
africains aient développé cette culture avant la Première Guerre mondiale,
son véritable essor est postérieur à l'indépendance. La production de
fèves est passée de 85 000 t en 1960 à 800 000 t en 1994 (près du quart
de la production mondiale et de la valeur des exportations ivoiriennes).
Support de la croissance économique, la culture du cacao a connu de graves
difficultés depuis le début des années 1980, avec le développement de
la concurrence (en particulier dans les pays de l'Asie du Sud-Est) ; la
surproduction a entraîné l'effondrement des cours sur le marché mondial
(qui ont diminué de moitié entre 1978 et 1984), ce qui a provoqué une
forte baisse des revenus du monde paysan. En 1987, le président Félix
Houphouët-Boigny avait tenté en vain d'infléchir le comportement des acheteurs
en stockant la récolte de façon à faire monter les prix; mais la Côte-d'Ivoire
dut finalement se déclarer insolvable. En 1989, l'État fut contraint de
baisser de moitié le prix d'achat garanti au producteur par le biais de
la Caistab, la Caisse de stabilisation. En 1992, après sept années consécutives
d'excédents, les cours du cacao – en prix courants – se sont retrouvés
au même niveau qu'en 1972. La tendance actuelle semble plus favorable,
et on note une certaine remontée des cours à la fin des années 1990.
Les
autres productions destinées à l'exportation ont connu une évolution comparable;
c'est en particulier le cas du café, dont la Côte-d'Ivoire est le dixième
producteur mondial (2,6 % de la production totale en 1994) et le premier
du continent noir. La production de coton augmente régulièrement et les
exportations représentent 1,6 % du PNB. Après une chute de la production
de bois, consécutive à l'épuisement des réserves forestières exploitables,
on observe, depuis 1990, une augmentation des coupes et des exportations
(3,2 % du PNB). Aux productions de latex, d'huile de palme, de banane
et d'ananas s'ajoute celle des plantes vivrières, d'introduction récente
(maïs, soja, riz), ou traditionnelles (igname, manioc, mil, sorgho, banane
plantain). La pêche porte sur un peu plus de 100 000 t de poisson par
an. L'élevage est peu développé.
Jusqu'ici
voué aux productions céréalières et à l'élevage, le Nord peut désormais
compter sur le coton pour limiter l'écrasante domination agricole du Sud,
où sont localisées les grandes plantations. Les fruits tropicaux (surtout
la banane et l'ananas) connaissent traditionnellement un important succès
à l'exportation.
Mines
et industries
Très insuffisante, la production de pétrole offshore, au large d'Abidjan,
ne peut empêcher les coûteuses importations d'hydrocarbures. La production
de pétrole est tombée à 63 000 t en 1992, mais de prometteurs gisements
de gaz naturel commencent à être exploités; le gaz produit par le gisement
«Panthère» découvert en 1994 alimente aujourd'hui plusieurs centrales
thermiques produisant 120 MGWh; 60 % de l'électricité consommée reste
toutefois fournie par six barrages hydroélectriques, qui permettent à
la Côte-d'Ivoire d'exporter vers le Ghana, le Togo et le Bénin une puissance
totale de 300 GWh. La politique d'électrification rurale mise en œuvre
permet aujourd'hui à plus de la moitié de la population de vivre en zone
électrifiée. L'industrie ivoirienne jadis principalement liée à l'agriculture
et à l'exploitation de la forêt (agroalimentaire, égrenage du coton, première
transformation du latex, sciage du bois, papeterie) est aujourd'hui en
voie de diversification. Son développement s'est opéré en plusieurs étapes
avec, dans les années 1960, la mise en place d'une industrie textile et
mécanique en vue de réduire les importations et, dans les années 1970
et 1980, le développement des activités de transformation des matières
premières agricoles. Le chiffre d'affaires de l'industrie textile, dont
le développement contribue à freiner l'exode rural, représente aujourd'hui
164 milliards de FCFA (dont 62 % à l'exportation). La réalisation des
grands barrages (Kossou, Ayramé) a surtout permis l'introduction de la
riziculture irriguée. Dans le domaine de la pêche (100 000 t/an en moyenne)
et des activités connexes (en particulier pour les conserveries industrielles),
la Côte-d'Ivoire subit aussi la rude concurrence des nations du Sud-Est
asiatique, notamment avec le thon appertisé de Thaïlande.
Transports
et services
Près de la moitié du réseau routier, dont l'état est relativement correct,
est praticable toute l'année. La voie ferrée joignant Abidjan à Ouagadougou
(Burkina), achevée dans les années 1950, est un axe majeur qui a favorisé,
en particulier, l'intensification de l'immigration voltaïque tout en offrant
un débouché maritime au Burkina. L'aéroport international de Port-Bouêt
(près d'Abidjan), un des plus modernes d'Afrique, permet les liaisons
aériennes avec les principales villes de l'intérieur. Le trafic maritime
est florissant, bien que la barre océanique rende délicat l'accès aux
nombreux ports. La modernisation du port de San Pedro, à vocation régionale
(contrairement à celui d'Abidjan), vise à impulser le développement de
la région frontalière du Liberia, longtemps délaissée. Le tourisme est
un secteur porteur de l'économie. De nombreux parcs naturels nationaux
ont été inaugurés (Maroué, Tai, Kombé). La promotion des stations balnéaires
bénéficie surtout aux plages de l'est du pays.
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