A CŒUR OUVERT AVEC ...

Sakaria Koné
Secrétaire général du RDR-Afrique du Sud

Entretien réalisé par Delphine Sika
(Chargée de la communication du site Internet le-rdr.org)

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire ce qui vous a
conduit à militer au sein de ce parti. Quel est votre itinéraire politique ?

Je vous remercie de m’avoir accordé cet interview et vous encorager pour le travail immense que vous faites pour animer ce site internet. Je voudrais commencer par transmettre mes salutations militantes à tous. Je me nomme Sakaria Kone. Je suis le Secrétaire Général de la Section RDR Afrique du Sud. Mon militantisme a commencé depuis 1995 quand j’ai été contacté par un groupe d’étudiant RDR pour aller à Odienné soutenir le Candidat RDR d’alors, Sy Savane Ousmane, à la députation et à la Mairie. Cette experience m’a permis non seulement de mieux connaitre le RDR mais aussi d’apprecier la justesse du combat qu’il venait de commencer. Depuis lors, j’ai continué à militer au RDR de façon assidue.

Depuis combien de temps la délégation sud africaine du RDR existe-t-elle et comment s’organise la vie du parti en Afrique du sud?
La Section RDR d’Afrique du Sud existe dépuis mars 2000. Les Ivoiriens d’Afrique du Sud ont répondu à l’opération toile d’arreignée lancée par la Direction. Ainsi des Camarades tels que Philip Yavo, Amadou Toure, Seha Djemadjea Alexis, Ndessomin Dosso et Marshall Bervelly ont piloté la mise en place du RDR Afrique du Sud. Quatre comités de bases ont vu le jour à savoir, le comité de base de Pretoria, de Yeoville, Hillbrow, Braamfontein et Berea à Johannesburg. Sur le plan organisationnel, la Section organise des réunions mensuelles comme le stipulent les textes du parti. Ces réunions sont toujours l’occasion de débattre de la vie de notre parti, des perspectives de la Section RDR d’Afrique du Sud et pour une question d’équilibre nous alternons les réunions entre Prétoria et Johannesburg (50 km separent les deux villes).

Depuis la création de votre Délégation, quelles sont les principales actions politiques que vous avez réalisées ?
Depuis que la Section RDR d’Afrique du Sud est mise en place, elle s’est mise automatiquement au travail en preparant successivement de la documentation sur la crise Ivoirienne qu’elle partageait régulièrement avec le Département sud-africain des Affaires Etrangères ainsi que les Ambassades accreditées dans le pays. Aussi a-t-elle profité du Sommet Mondial sur le Racisme en août 2001 (à Durban -700 km de Johannesburg) pour envoyer une délégation afin de faire connaitre la crise ivoirienne à la suite des élections tronquées de 2000. Elle a ainsi fait plusieurs copies de la cassette Côte d’Ivoire Poudrière Identitaire ainsi que les images du Charnier de Yopougon qui ont été distribuées au maximum. Cette campagne fut un vrai succès. La Section a également reçu successivement des hautes délégations de la Direction:
-Le Président accompagné du Ministre Amon Tanoh en septembre 2001
-Le Ministre Zemogo en Septembre 2001 également
-La Camarade Maferima Toure,Tresorière de la RFR en Aout 2002
-La Camarade Kandia Camara à la tête d’une délégation de la RFR. C’est d’ailleurs au cours de cette visite en juin 2003 que la Section RDR Afrique du Sud fut officiellement investie avec la bénédiction du Président Allassane Ouattara et du Chargé aux Relations Extérieures, le Ministre Zemogo.
-Le Camarade Guillaume Yao Gnamba, membre du Secrétariat National aux Relations Extérieures en Septembre 2004.
-La Section a reçu pour une seconde fois le Ministre Zemogo Fofana en février 2004 et tout recemment en Novembre 2004, le Président Allassane Ouattara accompagné de M.Adama Toungara.
En bref, la Section RDR Afrique a été très active dépuis sa mise en place.

Êtes-vous satisfait du degré d'implication des militants du RDR dans les différentes sections et en particulier dans celle que vous représenté?
Les militants RDR d’Afrique du Sud sont très enthousistes quand il s’agit de la vie de leur parti. A chaque fois que nous lançons des actions, celles-ci sont suivies et encouragées par les militants. C’est le cas par exemple de l’opération “un militant, une pièce d’identité, soutien de la Section Afrique du Sud à la Direction” que nous avons lancée et qui est en train de connaitre un succès certain avec l’engouement des militants. Neanmoins, des militants s’inquiètent et nous posent la question “quand va prendre fin cette situation de blocage crée par le FPI? Les élections auront-elles lieu”? Nous leur disons qu’il faut rester optimiste car quelque soient les conditions, cette crise pendra fin et les élections auront belle et bien lieu avec Allassane Ouattara comme candidat du RDR.

En ce qui concerne le deuxième volet de votre question, je pense aussi qu’il faut tirer le chapeau aux autres sections RDR de l’extérieures. Malgré la situation difficile chacune essaie de faire rayonner l’image et la cause de notre parti dans les pays respctifs. Cette dynamique doit continuer.

Pourriez-vous nous parler des ivoiriens en Afrique du sud. Que pensent-ils de la situation de leur pays, de leurs dirigeants au pays et quels sont leurs rapports avec les différentes représentations politiques ivoiriennes en Afrique du sud ?
On peut estimer le nombre d’ivoiriens en Afrique du Sud à peu près à 250. De façon générale, leur analyse se fait en raison de leur appartenance politique. Cependant, beaucoup commencent à comprendre que c’est le deficit de démocratie qui est à la base de la crise actuelle. Il faut à cela mentionner que le rôle négatif joué par l’actuel Ambassadeur militant de Cote d’Ivoire en Afrique Sud (Kone Boubakar) dans la division des Ivoiriens ici. En cherchant à controller les associations qui existaient avant son arrivée, il a vraiment démobilisé l’élan de solidarité qui existaient entre Ivoiriens. Aujourd’hui il n’y a pratiquement plus d’associations sociales d’Ivoiriens ici à part les parties politiques. Néanmoins, avec la dynamique du G7, la solidarité entre la majorité des Ivoiriens est en train de revenir et nous voyons en cela ce que doit être la Côte de demain avec des citoyens qui cohabitant fraternellement malgré leur divergeance politique.

Qu’elle est votre analyse de la crise ivoirienne ?
Nous pensons que la situation politique de notre pays est le résultat de la politique hasardeuse et malhadroite du FPI. En se basant sur l’exclusion et la Xénophobie, le FPI a plongé notre pays dans la situation qu’il connait aujourd’hui. Il faut dire que cette crise était prévisible car comme partout ailleurs dans le monde, les même causes produisent toujours les même effets. Gbagbo en continuant sa politique basée sur la roubladise devrait savoir que cette pratique ne pouvait pas toujours continuer. Il doit quand même savoir que la Côte d’Ivoire ne se limite pas au FPI et qu’il doit arrêter la manipulation car je ne crois pas qu’il y ait des Ivoiriens plus patriotes que d’autres. C’est tout simplement de la manipulation honteuse. L’attitude de Gbagbo rappelle étrangement celle P.W Botha en 1985. Ce dernier alors Président de l’Afrique du Sud avait juré que la majorité noire n’allait jamais arriver au pouvoir car les “patriotes” Sud-Africains avaient tous les plans pour les contrecaller. Il avait même ajouté dans son fameux discours du rubbicon ceci: “vous imaginer, un matin comme ça, on se reveille et on trouve un noir Président de notre pays! Que vont devenir nos femmes, nos enfants et nos biens? Nous devons rester débout et leurs barrer le chemin par tous les moyens” C’etait tout simplement la peur de la démocratie. Mais il n’a rien pu malgré les armes sophistiquées, et même chimiques à sa disposition. Je pense que c’est la même chose du côté FPI. Ils savent que leur pouvoir est minoritaire et tirent à sa fin mais ils tentent en vain de s’accrocher.

Comment pourriez-vous interpréter la médiation du président Sud Africain qui vient de s’achever en Côte d’Ivoire ? Comment cette médiation est-elle perçue en Afrique du sud?
Il faut dire que nous étions très optimistes quand le Président Thabo Mbeki a été designé comme médiateur par l’Union Africaine. Mais connaissant l’homme Gbagbo, nous savions que cette médiation n’allait pas être facile et donné le résultat escompté. Je souhaite me tromper. Le Président Mbeki semble avoir une bonne connaissance de la crise Ivoirienne qui à un certain dégré ressemble à la celle qu’a connu l’Afrique du Sud jusqu’en 1994 avec la fin de l’apartheid. J’ai néanmoins peur qu’il ne se laisse prendre au piège du boulanger Gbagbo. Il faut tout de même rappeler que Mbeki fut l’un des Présidents a demandé l’annulation des élections présidentielles d’octobre 2000 dans notre pays. Il ne peut et ne doit donc pas se dédire aujourd’hui. Ce serait tout simplement malheureux.

Quant à l’opinion sud-africaine, elle pense généralement que c’est une implication de trop pour l’Afrique du Sud car déjà impliquée dans la résolution des crises du Burundi depuis 1999, de la RDC, du Soudan et du Zimbabwe tout près. Ils pensent également que leur Président est toujours parti au lieu de se concentrer sur les questions brulantes de son pays. Néanmoins il y en a qui pensent que l’Afrique du Sud a un devoir moral vis à vis de leurs frères et soeurs africains car ceux-ci avaient aidé l’ANC pendant les moments difficiles contre l’apartheid.

Comment l'opinion sud africaine a- t-elle réagi aux derniers évènements ivoiriens et notamment face aux exactions dont ont été victimes les occidentaux et les africains dans ce pays ?
Il faut reconnaitre que les Sud-africains étaient très chocqués quand les images des victimes de la confontration des partisants de Gbagbo avec l’armée française ont été projetées. Vous savez, ils sont très sensibles à tout ce qui ressemble à la domination blanche. Je pense que c’est l’effet que cherchait le regime fasciste ivoirien. Mais après les explications et les analyses claires de part et d’autres (par les analystes et nous même), les sud-africains ont compris qu’il s’agissait d’une manipulation et qu’il ne fallait pas limiter la crise ivoirienne à cette dimension seulement. Les frontistes se sont d’ailleurs enfoncés à travers leur Ambassadeur ici qui dès le départ disait qu’il n’y avait pas eu de mort de soldats français et cela s’est averé faux, et là, la plus part des gens ont ainsi tout compris. Cependant avec les visites du Président Mbeki à Abidjan, les frontistes continuent leur intoxication et Dieu seul sait combine ils investissent dans cette campagne d’intoxication des media sud-africains.

Avez-vous le sentiment d'être suffisamment soutenu par la Direction du parti dans vos actions militantes de tous les jours? Sinon, quel message aimeriez-vous leur adresser?
Merci beaucoup pour cette question qui pour moi est essentielle. Il faut avouer qu’on a la nette impression que les Sections extérieures interessent très peu la Direction. Peut-être que c’est la crise qui a freinner l’élant de la Direction car il y a un manque terrible de communication. Je pense que dans les conditions difficiles que connait notre pays et particulièrement notre parti aujourd’hui, ce sont les sections qui doivent normalement servir de relais à la propagande du parti et si possible faire le suivi et transmettre les communications du parti aux autorités compétentes du pays d’acceuil. Le bureau actuel chargé aux relations extérieures doit vraiment revoir sa copie à ce niveau et faire un peu plus d’effort dans la communication. Je sais que c’est difficile actuellement mais il le faut. Les Sections Extérieures doivent sentir que tous ce qu’elles font sont coordonnés et suivis depuis le sommet du parti.

En cette année nouvelle, quels sont vos vœux pour la Côte d'Ivoire et vos espoirs pour le RDR? Quelles bonnes résolutions pensez-vous que le parti devrait prendre pour réussir cette année charnière?
Je voudrais terminer par souhaiter une bonne et heureuse annee 2005 à tous les militants et militantes du RDR. Que 2005 soit l’année RDR avec une victoire éclatante aux élections Presidentielles. Nous y croyons fermement. Je voudrais aussi lancer un appel aux militants de l’extérieurs de surtout commencer à se preparer financièrement pour aider le parti à gagner le pari de l’identification.

Je pense également que pour réussir cette année, la Direction doit tirer les leçons des écheances passées. Il faut surtout éviter le piège que le FPI nous tend car ce parti cherche à détourner notre attention sur les élections présentielles en se focalisant sur la question du Referandum, qui à notre avis ne peut pas avoir lieu dans les conditions actuelles. Donc il faut que la Direction commence déjà à preparer les strategies pour la victoire d’octobre 2005. Nous leur faisons confiance.

Encore à tous, bonne année 2005! Vive le RDR!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!