Plan du site/Sommaire





EDITORIAL

Février 2009

Archives
Nov. 2008| Déc. 2008| Janv.2009|
Fév. 2009| Mars 2009| Mai 2009|
Juin 2009| Juillet 2009| Août 2009|
Oct. 2009| Décembre 2009| Janvier 2010|
Mars 2010|








Dernières Parutions :
* * *


La victoire de Barack Obama
peut-elle réconcilier la nation américaine et apporter de l'espoir dans le monde?



Rosa Parks, la mère du mouvement des droits civiques américains

Le 1er décembre 1955, Rosa Parks refusait de céder sa place à un passager blanc dans un autobus dans la ville de Montgomery, (Alabama).
Elle ignorait que son geste de révolte révélerait le pasteur Martin Luther King et surtout aboutirait à l'abolition de la ségrégation raciale en 1964. À l’époque, la loi exigeait la séparation des Noirs et des Blancs dans les autobus, restaurants et lieux publics dans le Sud des Etats-Unis, tandis que dans le Nord, la discrimination raciale, pourtant illégale, tenait les Noirs à l'écart de nombreux emplois et quartiers.


Plus de cinquante après cet événement fondateur, l’Amérique vient d’élire son Premier Président noir à la Maison-Blanche.

Longtemps considérés par les Américains de race blanche comme des êtres inférieurs, les Noirs ont émergé peu à peu hors de la condition qui leur était réservée pour réclamer l'égalité dans la démocratie américaine. La présence et la lutte pour les droits civiques des Noirs sont intimement liées et inséparables de toute l'histoire des États-Unis. Pour les Noirs américains, les mécanismes d'exclusion ont été affinés et continuent de l'être encore aujourd'hui. Ils sont passés par trois statuts successifs : d'abord esclaves, ils ont été, par la suite, libérés mais maintenus, jusqu'au début du XXème siècle, à l'écart de la vie économique, politique et sociale par un arsenal de lois ségrégationnistes. Enfin, confinés dans des « downtowns » surveillés par la police bien qu'officiellement, leurs droits étaient équivalents à ceux des Blancs américains.

• Sur le plan politique, les décisions affectant la vie des Noirs ont toujours été prises par le «pouvoir blanc».
• Sur le plan économique, le niveau de vie de la communauté noire s’est détérioré de plus en plus dans son ensemble
• Sur le plan social, l'homme noir a été condamné à occuper dans la société un rang d'inférieur, de subordonné. L'esclavage a eu une profonde influence sur l'attitude de la société envers le noir. Il permit de fixer un sentiment de supériorité de groupe. L'idée qu'il est juste et légitime de soumettre le Noir à la servitude pour son bien est restée ancrée dans la mentalité américaine malgré l'abolition de l'esclavage. Le droit au respect et à la dignité humaine a toujours été refusé aux Noirs. Le respect de soi-même devient presque impossible.

Selon Kenneth McKenzie Clark, auteur britannique,
"Puisque tout être humain tire de la somme de ses rapports avec autrui l'image qu'il se fait de lui-même et de sa propre valeur, il est compréhensible que des enfants uniformément rejetés en viennent à se demander si eux-mêmes, leur famille, le groupe auquel ils appartiennent, ne méritent pas le mépris dans lequel les tient la société. Ces doutes sont à l'origine d'un sentiment de haine dirigé contre soi-même et contre le groupe dont on fait partie ; ils forment les racines malsaines du complexe d'infériorité et des préjugés que l'on nourrit à l'égard de sa propre personne. Les innombrables Noirs qui cherchent à se décrêper les cheveux, à se blanchir la peau, etc. révèlent le côté tragique du préjugé racial américain : les Noirs en sont arrivés à se croire vraiment inférieurs ».

Pour Charmichael, la conviction raciste d'une supériorité des Blancs est si profondément ancrée dans la trame de la société qu'elle marque tout le fonctionnement du subconscient national. C’est donc en cela que la victoire de « l’Afro-Américain » Barack Obama représente une véritable psychothérapie collective parce qu’elle peut permettre enfin de réconcilier la nation américaine avec elle-même et peut être encore plus, avec « ses vieux démons » qui restent latents dans les profondeurs abyssales et troubles de l’inconscient collectif du peuple américain.


La victoire de Barack Obama, peut constituer une véritable psychothérapie collective


Ainsi, jusqu’au 20 janvier 2009, date de l’investiture du Président élu, Barack Obama, cela semblait encore être un « mauvais cauchemar » pour certains et inversement, un « doux et délicieux rêve » pour d’autres, en particulier pour la population noire américaine dans son ensemble.
Ce rêve comme l’avait prédit le pasteur Martin Luther King a été encore plus « mielleux et jouissif » pour les plus pauvres d’entre eux qui constituent la masse la plus importante des « exclus » du système social américain.
Ce « cauchemar » ainsi que le « Rêve » du pasteur King sont en effet une réalité certes brutale, mais enfin bien réelle. Il est donc évident, que la Victoire de ce Président « Afro-Américain » suscite beaucoup d’espoir et d’espérance. Elle peut constituer en elle-même une véritable psychothérapie pour ce peuple qui a su toujours s’unir dans les grands moments pour montrer au monde entier sa force et son intelligence en dépit de « ses vieux démons » qui les ont très souvent gouvernés et conduits vers des abîmes sans fin.

Il est aussi évident, que Barack Obama est aujourd’hui Président de la première puissance du monde grâce à l’intelligence et la volonté de la communauté « Blanche » américaine qui vient de montrer au monde entier qu’elle peut corriger ses erreurs du passé et favoriser ainsi une véritable réconciliation nationale.
Mieux encore, il peut s’agit d’une psychothérapie collective visant à restructurer l’inconscient collectif du peuple américain à travers des « archétypes » qui se transmettront de génération en génération et d’inconscient en inconscient selon la théorie de Carl G. Jung.

Au-delà même du peuple américain, l’élection de ce 44ème Président transcende ses frontières et libère le monde entier de l’incertitude et de l’angoisse la plus totale dans lesquelles l’avait placée l’administration Bush. Cependant, il faut reconnaître le mérite et le courage politique du Président Georges W. Bush, pour avoir nommé deux « Afro-Américains » à de très hautes fonctions dans ses différents gouvernements. Pendant huit ans, lors de ses deux mandats successifs, il a ainsi préparé le peuple américain et le monde entier à voir Colin Powell puis Condoleezza Rice occuper la fonction très médiatique et politique de Secrétaire d'État de l’Etat le plus puissant du monde. Le Président Bill Clinton pourtant de gauche, très fortement élu à deux reprises par les populations noires et latinos n’avait pas eu ce courage.


Un exemple de démocratie, de liberté et d’espérance pour les peuples privés de droit de vote et de liberté


Pour toutes les populations désœuvrées, pauvres, exclues, à la recherche de liberté individuelle ou collective ou encore de démocratie, la victoire de Barack Obama est un symbole très fort qui permet de se dire que tout est possible si on y croit et si on se donne les moyens d’y parvenir.
Et nous le savons, cette victoire est avant tout celle des millions de personnes sans distinction de race qui y ont cru et qui se sont mobilisées pour qu’elle devienne réalité. Elle restera pour longtemps un moteur, un modèle pour tous les peuples qui désirent le changement dans leur pays. Cela afin d’instaurer une véritable démocratie dans laquelle «les marcheurs pacifiques» qui réclament le déroulement d’élection présidentielle libre et transparente et sans discrimination arbitraire des candidats ne se fassent pas tirer dessus à balles réelles par les forces de l’ordre, aux ordres de régime parfois mis en place dans « des conditions calamiteuses et douteuses ».

Cette élection a surtout révélé la puissante force du peuple à engendrer le changement malgré les différents obstacles de toute nature qui peuvent le dissuader ou entamer sa détermination à ce changement. Chacun à son niveau et selon ses propres moyens et forces contribue ainsi à écrire l’histoire dans laquelle il s’ancre pour l’éternité. Car elle sera plus tard racontée, transformée, exagérée et romancée pour en faire des légendes qui alimenteront à leur tour des fantasmes et susciteront de nombreuses vocations. Mais aussi des ambitions pour le changement, des libertés individuelles et collectives mais aussi la possibilité pour chacun d’exister en ayant le sentiment de contribuer au développement économique, social et politique de son peule, de sa nation et de l’humanité toute entière.

par Macaire DAGRY,
Délégué Général Adjoint du RDR-France

Gestion du site : Coordination du RDR PACA - MONACO - Courriel : le_rdr@yahoo.fr
Site optimisé pour une résolution d'écran de 1024x768
Tous droits de reproduction réservés

(Nombre de visites depuis la mise en ligne le 03.11.08)
Ecrire au Webmaster de ce site