Et si Ado devenait président |
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On est fa tigué. Il faut le dire car dans le G7, où le Pdci est seul face à des pro-alassanistes, il semble que M. Bédié mène une stratégie de deuxième tour ou une stratégie de rejet de la candidature de Ouattara par le Fpi. Dans ce cas, la voie sera ouverte pour lui qui aura été constant dans le soutien au mentor du Rdr et du G7. Mais le Pdci a-t-il réfléchi à la question suivante : et si ADO passait et devenait président ? En tant que citoyen et journaliste, nous savons bien que les dirigeants et certains militants du Pdci, n'ont jamais, même dans leurs rêves, admis que M. Ouattara remporte les élections et les dirige. Ils sont dans le G7 comme Laurent Gbagbo pour les malheurs de la Côte d'Ivoire, l'a été dans le Front Républicain. Cela n'est pas bien pour la Côte d'Ivoire, parce que l'après Gbagbo risque de ne pas être pas un moment de paix, si l'on refuse l'idée que M. Ouattara soit président, et si l'on pense que c'est au Pdci-Rda et à M. Bédié de reprendre le pouvoir. Malins et devant gérer les susceptibilités, les 6 autres partis du G7, ont accordé la présidence du Directoire au Pdci-Rda. Mais à part l'honneur, cela ne signifie rien. Le problème n'est pas de militer pour que change l'article 35, mais le problème est d'accepter l'idée que ADO soit certes candidat, mais aussi président. La vérité est qu'avec les réformes en cours et la mise en place des conditions d'une élection ouverte et transparente, il sera difficile de stopper l'ouragan ADO. Il faut le savoir, le reconnaître et le dire pour éviter une autre guerre. De façon générale, le Rdr a obtenu 30 à 35% des suffrages dans les élections organisées par le pouvoir Fpi, notamment les Conseils Généraux. Avec les nouvelles mesures d'identification, et les conditions désormais non exclusives de la nationalité ivoirienne d'une part, et d'autre part la difficulté d'empêcher un citoyen et un électeur de voter dans un schéma d'élections ouvertes et transparentes, comment empêcher la victoire annoncée du Rdr ? La réalité électorale qui fait par cette génération des Akans la majorité est dépassée. Avec les jeunes de la ville, peu portés sur les schémas tribaux claniques et sur les choix politiques de la famille, avec les nouveaux Ivoiriens ou Ivoiriens par circonstances, devenus électeurs, la supposée majorité électorale des Akans du pays va fondre. On ne milite plus dans un parti de père en fils. La génération Zouglou, Mapouka, Batschégué et couper-décaler ne fonctionne pas selon l'ethnie et le père, puisque tout ce qui est fait par cette génération est d'ailleurs une forme de révolte contre la famille et l'ordre établi. Tenez des chiffres simples : 16 millions d'habitants. 7 millions d’électeurs attendus sur 10 millions d'Ivoirien s. Les années passées on avait 5 à 5,5 millions d'électeurs. Pour 2005, on annonce 7 millions, c'est-à-dire un million cinq cent mille d'électeurs de plus. Soit 500.000 jeunes ayant les 18 ans et 1 million de nouveaux inscrits et de nouveaux Ivoiriens. Sur la base d'un taux de participation maximale de 50 à 75%, le prochain président de la République de Côte d'Ivoire aura besoin seulement de 2 millions à 2,5 millions de voix pour être élu, soit environ le double des voix obtenues en 2000 par Gbagbo. Faites vos calculs et faites des serments pour accepter tous les cas de figure que vous soyez Rdr, Pdci ou Fpi. Par exemple : et si ADO devenait Président de la République !
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