L’épouvantail Ouattara


Depuis son entrée en politique, novembre 1989, l’ex-Directeur adjoint du FMI, Alassane Dramane Ouattara, fait face à toutes sortes de manœuvres aux fins de l’écarter du jeu politique dans son pays.


Des attitudes qui ne s’expliquent que par la crainte et la peur que son profil inspire aux autres acteurs politiques. Il n’est, en effet, pas du tout aisé d’affronter quelqu’un qui jouit d’une popularité et d’un charisme inégalés depuis feu Félix Houphouët-Boigny, qui a l’expérience du pouvoir (avec une gestion réputée bonne et un bilan positif), qui est réputé être d’une intégrité irréprochable, qui est supposé immensément riche et qui détient un carnet d’adresses, riche des noms de tous les milieux d’affaires et de la politique à travers le monde.

Créé en 1994, le Rassemblement des Républicains (RDR), le parti politique qui se réclamait de lui et avec lequel il n’avait encore aucun lien juridique a vite gravi les échelons. Avec la seule caution morale de M. Ouattara, qui ne vivait pas régulièrement en Côte d’Ivoire, ce parti a, en 1995, sous sa direction une vingtaine de communes et une quinzaine de sièges au Parlement devant le Front populaire ivoirien (FPI), un parti structuré depuis la décennie 80 et officiellement reconnu quatre ans avant le RDR.
Des résultats qui démontrent l’énergie et les capacités de M. Ouattara. Tout naturellement, un tel profil inspire la crainte voire la peur. Aucun acteur politique ne souhaite donc l’affronter à des élections présidentielles. C’est pourquoi, depuis plus d’une décennie, chaque régime s’active, à peine arrivé au pouvoir, à l’exclure du jeu politique. La peur et la crainte les ont régulièrement poussés à la bêtise. Certains ont perdu leur pouvoir dans cette obstination. L’actuel pouvoir se dirige vers sa perte à cause des mêmes attitudes. Ouattara, lui, demeure. Avec le même objectif : mettre son expérience au service du peuple de Côte d’Ivoire.

KIGBAFORY Inza
Le Patriote