Grâce à la mobilisation
de la communauté internationale, notre pays
qui est depuis quelques années le théâtre
de violations intolérables des droits de l’homme
a pu ainsi éviter l'irréparable.J’adresse
également mes remerciements aux Organisations
Non Gouvernementales humanitaires, nationales comme
internationales qui font un travail appréciable
depuis l’éclatement de la crise.
Chers frères, Chères
sœurs
2004 a été incontestablement
une année supplémentaire d’épreuves.
La répression brutale de
la marche pacifique en faveur de l’application
de l’Accord de Linas- Marcoussis, le 25 Mars
2004, représente l’un des épisodes
les plus douloureux de la crise qui affecte notre
pays.
Par ailleurs, le choix de l’option
militaire, au mépris des Accords de Linas-
Marcoussis et d’Accra III, par le régime
comme solution à la crise s’est avéré
hasardeux. Il a entraîné de nouvelles
victimes et accentué les difficultés
économiques de notre pays.
S’agissant de la situation
économique et sociale, notre pays subit une
grave récession. Le chômage augmente
avec la disparition de nombreuses PME. La pauvreté
s’accroît notamment au niveau du monde
rural. Le travail de nos braves paysans n’est
plus rémunéré à sa juste
valeur. Le quotidien des Ivoiriens devient de plus
en plus difficile.
Les récents évènements
ont aussi mis en lumière la volonté
du pouvoir présidentiel d’attenter à
la démocratie en foulant au pied les libertés
fondamentales d'expression, de réunion et du
droit à la propriété. Ils ont
permis à tous de prendre la pleine mesure des
ravages de la désinformation et de la propagande.
Cela a également conduit
à une prise de conscience des partis politiques
partisans de la paix et de la réconciliation
nationale, de la nécessité de resserrer
leurs rangs pour faire prévaloir les intérêts
de la collectivité sur les intérêts
de quelques uns, en refusant toute compromission.
A cet égard, je tiens à
saluer le travail remarquable abattu par le G7 dans
ce contexte difficile.
Si nous sommes si fiers de son
action c’est parce que ses animateurs se sont
illustrés par leur sens des responsabilités
et leur courage, notamment au cours de la dernière
session de l’Assemblée Nationale où
les députés ont adopté la loi
sur les conditions d’éligibilité
à la Présidence de la République
telles que prévues par l’Accord de Linas-Marcoussis.
La solution politique ayant été
retenue lors du dernier Sommet d’Accra en juillet
2004, le recours à un référendum
sur cette question ne ferait que diviser davantage
le peuple ivoirien.
C’est pourquoi, malgré
la gravité de la crise, nous avons des raisons
d’espérer que le cauchemar que nous vivons
prendra fin dans les prochains mois, quand le peuple
ivoirien choisira librement son Président et
ses Députés, à l’issue
d’élections ouvertes et transparentes.
Pour atteindre cet objectif, il
nous apparaît judicieux de confier à
l'ONU l'organisation complète de toutes les
élections.
Chères militantes, Chers
militants
Je place l’année
2005 sous le signe de l’espoir.
Les obstacles que nos adversaires
ne manqueront pas d’ériger sur notre
chemin ne résisteront pas face à votre
mobilisation et à votre engagement qui ne se
sont jamais démentis.
La nouvelle année verra
se renforcer la dynamique unitaire qui a permis de
faire échec à l’imposture et à
la manipulation.
En effet, les formations politiques
composant le G7 qui défendent une certaine
idée de l’homme, de sa liberté
et de sa dignité, ont l’ambition de conclure
un accord dans la perspective des prochaines échéances
électorales et de mettre en place un programme
pour gouverner ensemble. Nous pourrons ainsi offrir
à nos compatriotes et au monde entier une alternative
de gouvernement crédible et forte.
Cette démarche correspond
aux attentes du peuple ivoirien. C’est le choix
du bon sens et de la responsabilité.
Ensemble, il s’agira de
donner un projet collectif aux Ivoiriens et de créer
les conditions de la renaissance en mettant en œuvre
un nouveau contrat social fondé sur l’union,
la solidarité, la responsabilité et
la tolérance. Il s’agira également
de construire un avenir pour nos enfants et de bâtir
une nation forte parce que réunifiée,
respectueuse des Droits de l’Homme et ouverte
sur l’extérieur.
La mémoire du Président
Félix Houphouët – Boigny nous y
oblige.
Dans l’intérêt
de la Côte d’ Ivoire et pour le bonheur
de tous, je mettrai toutes mes forces dans cette ambition
commune.
Je vous invite donc à soutenir
cette belle entreprise en faisant vivre cette nouvelle
réalité sur le terrain par le dialogue
et la concertation.
L’une des clés de
la réussite de ce projet commun sera incontestablement
la mobilisation de notre parti à tous les niveaux.
Chères militantes, Chers
militants
J’attends de tous les Secrétaires
Nationaux et des cadres qu’ils se rendent encore
plus disponibles et qu’ils aillent à
la rencontre des militantes et des militants qui chaque
jour apportent la preuve de leur engagement et de
leur détermination, malgré les traumatismes.
Cette tâche est d’autant
plus indispensable que nous sommes à quelques
mois des échéances électorales.
Compte tenu de l’importance
des enjeux, j’ai demandé à Madame
la Secrétaire Générale de mettre
tout le monde au travail. Chacun, en fonction de ses
capacités, doit se sentir associé à
la réalisation de notre objectif commun.
Outre le travail quotidien sur
le terrain, gage de succès, il est un autre
chantier pour lequel la contribution de tous est requise
: la réactualisation de notre programme de
gouvernement pour tenir compte de l’état
actuel de notre pays et des attentes du peuple ivoirien.
Chères militantes, Chers
militants
Chers frères et sœurs,
Plus que jamais, je crois profondément
à la renaissance de notre pays.
Dans les prochains mois, par ma
présence sur le terrain, j’y contribuerai
encore plus efficacement.
A chacune et à chacun,
à tous nos compatriotes et à tous les
amis de la Côte d’Ivoire, je souhaite
une bonne et heureuse année 2005.
Paris, le 31 Décembre
2004
Alassane Dramane OUATTARA
Ancien Premier Ministre, Président du RDR