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| ADO : Nous le souhaitons. Nous pensions qu'avec l'accord de Marcoussis de 2003, la guerre prendrait fin. Cela n'a pas fonctionné. Avec le récent accord de Pretoria, nous voulons croire à la perspective d'élections présidentielles qui se tiendront le 30 octobre avec la participation des principaux acteurs politiques. Vous y croyez vraiment cette fois-ci ? Oui, même s'il reste beaucoup à faire. Il faut régler le problème des listes électorales, des fichiers d'électeurs, du recensement ainsi que la nécessaire transparence. Nous avons demandé l'implication des Nations unies. Le président sud-africain Thabo Mbeki nous a assurés que serait nommé un haut-représentant des Nations unies, chargé de la surveillance des élections. C'est indispensable. C'est à Paris que vous avez annoncé la création de la plate-forme des Houphouëtistes. N'est-ce pas gênant ? Non, l'accord de Marcoussis a bien été fait en France. Et le dernier accord a été mis au point à Pretoria. Si nous ne sommes pas en Côte d'Ivoire, c'est tout simplement pour des raisons de sécurité. Mais pourquoi ne pas annoncer votre plate-forme à partir de l'Afrique ? Parce que le président Bédié et moi-même sommes à Paris. A partir de Paris, il est beaucoup plus facile de faire connaître notre plate-forme. C'est une étape. Nous entendons confirmer notre alliance sur la tombe du président Houphouët à Yamoussoukro. Vous ne craignez pas qu'Abidjan vous accuse d'avoir partie liée avec Paris ? Je ne peux même pas imaginer cela. Les Français ne doivent pas se méprendre : pour la majorité des Ivoiriens, il n'y a pas de problèmes entre la Côte d'Ivoire et la France. Nous avons des rapports privilégiés avec la France. C'est pour nous un acte ordinaire que de signer un accord, ici, à Paris. Les mouvements rebelles ne sont pas présents dans votre alliance électorale. Cela ne va-t-il pas poser un problème ? Non. Pour le moment, les Forces Nouvelles ne sont pas un mouvement politique. Elles n'ont donc pas leur place dans la plate-forme, ouverte aux seuls partis et personnalités politiques. On vous a souvent présenté comme la figure politique à laquelle se ralliait la rébellion. Est-ce exact ? Si j'étais le chef de la rébellion, cela se serait su depuis longtemps. Néanmoins, il y a des points que mon mouvement partage avec la rébellion. Nous sommes contre la discrimination, contre l'apartheid entre Ivoiriens et nous critiquons le manque de démocratie. Pour nous, le plus important, c'est que la Côte d'Ivoire retrouve son unité et la paix grâce à de bonnes élections. Les observateurs ont parfois du mal à suivre les méandres ivoiriens. Vous vous alliez aujourd'hui avec l'ancien président Bédié, celui-là même qui vous avait exclu du champ politique en usant de «l'ivoirité». N'est-ce pas un peu rude ? L'intérêt de la Côte d'Ivoire doit primer. Le pays a d'énormes difficultés. Il est au bord du gouffre. Il faut le sortir de là. Des valeurs ont peut-être été négligées par le passé. Maintenant, il faut agir ensemble. Balayer le passé et reconstruire. Il y a eu tant de souffrances... Et vous pensez que le président Gbagbo va jouer le jeu ? Il s'est engagé dans la voie des élections. C'est un premier pas. Toute une série de lois doivent encore être votées à l'Assemblée, le désarmement doit être réalisé et il faudra ensuite réunifier le territoire, y déployer l'administration. Tout cela demandera beaucoup de travail. Quand allez-vous rentrer en Côte d'Ivoire ? Rentrer aujourd'hui, ce serait me mettre dans une cage. Je ne veux pas être à l'image du président Gbagbo qui ne se déplace qu'entre sa résidence et ses bureaux...
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