Alassane Dramane Ouattara parle. Le président du RDR,
après avoir activement participé aux pourparlers de Pretoria
sur la crise ivoirienne, a reçu la presse. A Johannesburg, l‘ancien
Premier ministre d’Houphouët-Boigny, a abordé avec
trois journalistes ivoiriens des quotidiens « Le Nouveau Réveil
», « Nord-Sud » et « Le Patriote », toutes
les questions politiques et économiques de la vie nationale.
Attentif à l‘avenir d’un pays qu’il souffre
de voir à la peine, ADO, candidat du RDR à l’élection
présidentielle, assène ses vérités à
la Refondation et aux ennemis de la paix. Interview.
Dans vos propos, après la signature
de l’accord de Pretoria II, vous avez fait cas de la situation
économique de la Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens voudraient
savoir dans quelle situation se trouve leur pays. Pourquoi la Côte
d’Ivoire n’a-t-elle pas bénéficié de
l’annulation de la dette ?
Alassane Dramane Ouattara : C’est vrai, il se
trouve que jusqu’à présent, tout le monde a parlé
de politique et de sécurité. Mais, il faut également
parler économie. La situation économique est véritablement
catastrophique. Evidemment, les uns et les autres s’appuient sur
le dernier rapport du Fonds Monétaire International pour dire
que la situation n’est pas aussi effroyable que cela. Ce n’est
pas vrai. Quand on connaît les nuances du langage du FMI, surtout
pour moi qui y ai travaillé pendant des années, quand
on lit les chiffres, en réalité, il s’agit d’un
cri d’alarme. C’est une alerte qui nous est lancée.
Il y a eu, en 2004, un tout petit taux de croissance qui ne relève
en réalité que de la production agricole. Elle n’a
pas totalement été affectée par la guerre. Ce pays
a des cycles de production agricole.
Le coton a connu une influence négative.
En outre, dans les autres secteurs, il n’y a pas de croissance,
que ce soit l’Industrie, les Services, les Importations dues à
l’activité. Tout cela montre que le pays est dans une situation
préoccupante et véritablement difficile. Le taux de croissance
qui est noté ne permet même pas de juguler le taux de croissance
démographique, c'est-à-dire le taux de croissance de la
population. Les Ivoiriens sont devenus plus pauvres. Sur ces cinq dernières
années, la pauvreté a augmenté d’à
peu près 15 à 20 %. C’est un vrai drame pour nous,
pays phare de la sous région, qui a connu une stabilité
économique et politique.
Quelques chiffres : la dette intérieure, c’est-à-dire
ce que l’Etat doit aux entreprises locales, aux fournisseurs,
est évaluée à 435 milliards de francs CFA. C’est
quand même trop pour un budget de 1200 milliards. Si on devrait
se mettre en règle, c’est le tiers du budget qu’on
devrait consacrer à payer les fournisseurs, avant même
de commencer à gérer le budget de l’année
normale.
Deuxième point, les arriérés extérieurs
: c’est-à-dire ce que nous devons à la Banque mondiale,
à la BAD, au FMI, à l’Agence française de
développement, etc… sont de 1100 milliards. Il ne s’agit
pas de la dette, mais plutôt de ce que nous devrions payer et
que nous n’avons pas payé. Ce n’est pas la dette,
mais ce sont les échéances courantes. En réalité,
le pays est en faillite. Si nous n’étions pas dans l’Union
économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), nous
serions soumis à une dévaluation extraordinaire.
Troisième point, la dette extérieure, elle-même,
sans les arriérés intérieurs et les arriérés
extérieurs est évaluée à 10 milliards de
dollars. Quand on met tous ces chiffres ensemble, vous voyez que c’est
tout de même une situation catastrophique. Tout cela, c’est
depuis les quatre ou cinq dernières années que nous connaissons
cette forte détérioration. Quoi qu’on dise, pendant
les années 90, que ce soit de mon temps ou du temps du président
Bédié, le pays a connu une bonne croissance économique.
Surtout dans les années 97, 98, après la dévaluation.
Tout ceci a été effacé. Ce qui me peine, c’est
qu’en tant que Directeur général adjoint du FMI,
j’avais réussi à faire incorporer la Côte
d’Ivoire et le Cameroun sur la liste des Pays pauvres très
endettés (PPTE). Ce n’était pas évident !
Parce que quand on compare la Côte d’Ivoire et le Cameroun
au Tchad ou au Niger, les gens disaient que ce n’était
pas normal. J’ai expliqué aux administrateurs du Fonds.
J’ai suggéré, en son temps, au Premier ministre
Duncan, avec qui j’entretenais de très bonnes relations,
d’écrire à certains pays industrialisés.
On a réussi à faire incorporer la
Côte d’Ivoire dans ce lot de pays pour effacer pratiquement
ou diminuer ce fardeau de la dette. A la date d’aujourd’hui,
quasiment tous les pays de l’Afrique de l’Ouest en profitent,
sauf nous. Le Sénégal, le Niger, le Mali, le Bénin,
le Burkina Faso, en profiteront tous. Tout le monde sait ce qu’est
la situation au Togo et en Guinée-Bissau. La quasi-totalité
des pays de l’UEMOA, en dehors des cas exceptionnels, ont vu leurs
dettes annulées. La Côte d’Ivoire rejoint donc les
cas exceptionnels qui ne sont pas sur la liste des bénéficiaires
sur les cinq prochaines années.
Que nous faut-il maintenant ?
ADO : Il faut que nous ayons une équipe reconnue, expérimentée,
légitime qui se mette en place et qui ait les commandes de la
Côte d’Ivoire. Dans les cinq prochaines années, il
faut que nous puissions amener la Côte d’Ivoire à
bénéficier de cet allègement de la dette. L’allègement
peut être de 80, 90 ou 100 %. Mais si nous arrivons à alléger
la dette extérieure de 8 à 10 milliards, dans les deux
ou trois années qui viennent, vous imaginez ce que cela sera.
C’est notre ambition. Je l’ai dit au Président Henri
Konan Bédié. Il faut que nous soyons aux affaires. Il
nous faut mettre de l’ordre dans le pays et remettre les Ivoiriens
au travail comme c’était le cas dans les années
90. Avec notre expérience dans les institutions et nos relations
au niveau de la communauté internationale, il faut qu’on
arrive à redonner espoir aux Ivoiriens. Qu’est-ce que Gbagbo
peut apporter de bien à ce pays ?
L’exclusion de la Côte d’Ivoire
de l’AGOA est-elle due à la situation de guerre ou est-ce
une sanction de la gestion des affaires ?
ADO : Il s’agit des deux à la fois. L’état
de guerre reflète la mauvaise gouvernance et vice-versa. La mauvaise
gouvernance n’est pas qu’économique. Elle est aussi
politique. Quand une crise éclate, il faut la résoudre.
C’est le chef de l’Etat qui en a la première responsabilité.
Aux négociations, quand on prend des engagements dans l’intérêt
du pays, on les met en œuvre. On les respecte. Il y a une mauvaise
gouvernance générale qui est sanctionnée et qui,
malheureusement, pénalise le pays.
Vous avez parlé de faillite. Est-ce
qu’à la longue, cela pourrait jouer sur le traitement salarial
des fonctionnaires et des travailleurs ?
ADO : Il faut voir les chiffres en détail. Le fait que l’Etat
n’est pas en faillite totale aujourd’hui, c’est le
fruit du travail que nous avons fait dans les années 90 avec
le Président Houphouët, le Président Bédié.
Souvenez-vous qu’en 90, tous les pays de la zone franc avaient
diminué les salaires des fonctionnaires. En Côte d’Ivoire,
j’ai réussi à éviter cela au pays par des
mesures que j’ai prises, des mesures structurelles notamment de
privatisation et de restructuration. Ces mesures ont donné, aujourd’hui,
une certaine solidité à la structure économique
de la Côte d’Ivoire. C’est pour ça que nous
résistons. Si nous étions faibles en papier ou en coton
comme dans d’autres pays, nous nous serions écroulés
déjà. Nous avons donné du béton à
la structure économique de notre pays. Grâce également
à notre appartenance à l’UEMOA et à la zone
Franc, nous ne nous écroulons pas. Mais cette situation ne peut
pas durer éternellement.
Il faut que nous fassions partir Gbagbo démocratiquement,
par des élections. Il faut qu’une équipe expérimentée,
une équipe reconnue à l’intérieur comme à
l’extérieur, une équipe qui a fait ses preuves,
vienne enfin soulager les souffrances des Ivoiriens. Moi j’y crois
beaucoup. Si je n’avais aucune raison d’y croire, je ne
me serais pas lancé dans la course. J’estime avoir quelque
chose à apporter à mon pays et je souhaite le faire le
plus rapidement possible. C’est pour cela que je ne suis pas pour
le report des élections. Nous savons que Gbagbo ne peut gagner
aucune élection présidentielle en Côte d’Ivoire.
Quelles que soient les circonstances. Il le sait et nous le savons.
On se connaît quand même dans ce pays. Avec quel électorat
peut-il conquérir le pouvoir ? Quand tout le monde sera désarmé,
lui comme les Forces Nouvelles, en ce moment-là, ça ne
sera pas la force physique ou la force des armes, mais il va s’agir
des arguments politiques qui vont s’affronter. On verra qui est
qui dans ce pays.
Les conditions sont-elles réunies
pour que les élections se tiennent réellement à
la date du 30 octobre ?
ADO : Tout à fait. Je l’ai déjà dit. L’Irak
a organisé des élections avec les bombes qui tombaient
tous les jours, avec le terrorisme orchestré et organisé.
C’est une question de volonté politique. Nous n’allons
pas laisser notre pays dans cet état. Il faut forcer les choses
pour qu’il y ait des élections. La communauté internationale
nous soutient en cela.
En voulant forcer comme vous le dites, ne
craignez-vous pas d’organiser un simulacre d’élection
comme cela s’est passé au Togo, récemment ?
ADO : La Côte d’Ivoire a déjà des éléments.
Il faut déjà que la Commission électorale indépendante
(CEI) soit mise en place rapidement. Nous avons déjà un
fichier électoral. Il faut le mettre à jour. Il faut que
nous fassions confiance aux régions, aussi bien aux Forces Nouvelles
dans le Nord et à l’Ouest qu’aux Forces armées
sous l’autorité du Gouvernement de réconciliation
nationale dans le Sud du pays. Un fichier, ça se met à
jour en quelques semaines. Il faut arrêter les tracasseries paperassières.
Le problème de la Côte d’Ivoire, c’est quand
on dit qu’il faut dix documents pour s’inscrire sur la liste
électorale.
Allez mener une enquête au Ghana. Vous y verrez
que les cartes d’électeurs se délivrent très
facilement. Il suffit d’aller dans un bureau avec un acte de naissance,
on vous photographie et on vous délivre votre carte d’électeur.
Il suffit d’aller avec votre passeport, on vous photographie et
on vous délivre votre carte d’électeur. Il suffit
d’aller avec n’importe quel document qui certifie votre
filiation et votre nationalité, et vous avez la carte. Ceci peut
se faire en Côte d’Ivoire. Evidemment, quand on a un système
dans lequel on essaie d’empêcher que des Ivoiriens aient
leurs papiers, dans lequel on déchire les documents de certains
citoyens, on ne peut pas s’en sortir.
Qu’avez-vous obtenu dans l’accord
de Pretoria en terme de collaboration entre l’INS et la CEI ?
ADO : L’accord est très précis en trois points.
Le premier dit que la Commission (CEI, ndlr) doit être mise en
place au plus tard le 31 juillet 2005. C’est-à-dire qu’il
faut, au préalable, que la nouvelle loi soit adoptée.
C’est important. La Commission aura donc trois mois pour s’atteler
à véritablement organiser les élections. En ce
moment-là, on aura démantelé les milices, on aura
commencé à regrouper les militaires des deux côtés,
on aura commencé à travailler sur la réunification
du territoire. C’est vrai, trois mois c’est juste, mais
c’est possible.
Deuxième point, on a affirmé que la CEI est la seule institution
en charge des élections, c’est-à-dire qu’elle
a l’autonomie de décision sur toutes les questions électorales.
Pour être bien précis avec la décision
du chef de l’Etat concernant l’Institut national des statistiques
(INS), nous avons un troisième point qui dit clairement que l’INS
n’a pas d’autonomie, mais fait un travail et rend compte
à la Commission électorale qui l’accepte ou le rejette.
Donc l’INS est sous l’autorité de la CEI. Une fois
que cette dernière sera mise en place, le reste ira.
Avez-vous obtenu du Médiateur que
l’ONU s’implique un peu plus dans la conduite du processus
électoral ?
ADO : C’est clair. L’ONU s’impliquera. Le Haut Représentant
pour les élections doit être nommé ces jours-ci.
Ça devait être fait pendant que nous sommes ici (pendant
le sommet de Pretoria, ndlr), mais j’espère que ça
sera le cas, très rapidement. Ce Haut Représentant, il
faut bien le savoir, car cela est inscrit dans les minutes de notre
réunion d’avril, participera aux travaux de la CEI. Il
aura un droit de veto sur les décisions qui ne sont pas conformes
aux résolutions des Nations Unies. Il pourra également
demander la modification d’un certain nombre de pratiques et de
procédures aussi bien au niveau de la CEI, du Conseil constitutionnel
qu’au niveau de la proclamation des résultats. Je laisse
de côté la question sécuritaire. Elle sera renforcée
par l’ONUCI.
Vous verrez dans les textes, que nous avons demandé
la surveillance des lieux de vote par l’ONUCI. Cela permettrait,
je l’espère vivement, d’avoir des élections
transparentes et démocratiques pour notre pays. nous souhaitons,
que les Ivoiriens se prononcent. Qu’ils choisissent Henri Konan
Bédié, Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Monsieur X ou
Madame Y, ce sera très bien. Mais il faut d’abord que ce
soit leur choix ! Et qu’on se mette, tous, autour de cette personne
pour gérer le pays.
Qu’en est-il de votre retour au pays?
ADO : Nous avons déjà des éléments concernant
la résidence. Il y a les travaux de sécurisation et le
plan de sécurité qui seront mis en place aussi bien pour
le Président Bédié, le ministre d’Etat Guillaume
Soro que pour moi-même. Nous serons à Abidjan. Ce ne sera
certainement pas en juillet, parce que tout cela demande du temps. Mais
nous serons à Abidjan en août. Nous y serons pour faire
la campagne, participer aux élections. Certains pensent que parce
qu’ils jettent quelques personnes dans la rue ou parce qu’ils
arrêtent des Officiers militaires, les torturent et les bastonnent
à la sortie de réunions, que ceci nous empêchera
de rentrer. Nous rentrerons, Bédié et moi. Et sur place,
nous verrons qui est garçon.
Gbagbo a dit que vous feriez campagne au
téléphone et non sur le terrain.
ADO : On verra. Les Ivoiriens se rendront compte de qui dit la vérité
en ce moment-là.
Vous seriez, avec Bédié, les
candidats de la France contre le candidat des Ivoiriens, qui serait
Gbagbo ?
ADO : Bédié, Gbagbo et moi-même sommes Ivoiriens
et nous animons des partis politiques. On verra bien. Pour moi, le candidat
des Ivoiriens sera le candidat élu par les Ivoiriens. Et pas
le candidat qui s’est imposé aux Ivoiriens par un coup
de force avec une partie de l’armée. Tout le monde sait
que Laurent Gbagbo ne pouvait jamais être Président de
la République dans des conditions de transparence.
Vous savez, s’en prendre à la France, qu’est-ce que
cela apporte à la Côte d’Ivoire ? Notre pays est
en difficulté. Il ne faut tout de même pas être maladroit.
On ne peut pas être un poids léger et aller s’en
prendre à un poids lourd en pensant gagner la bataille. Nous
sommes pragmatiques. Nous voulons continuer notre coopération
avec la France, avec le G8. Ce n’est pas en nous opposant à
la France que nous aurons l’allègement de notre dette.
La moitié de notre dette est due à la France. C’est
un manque de vision, de responsabilité et de pragmatisme parce
qu’on ne s’attaque pas à ceux qui peuvent nous aider.
On essaie plutôt de coopérer. D’autant
plus que la France n’a rien fait à la Côte d’Ivoire.
Qu’ont fait les huit mille Français qui ont été
chassés par le FPI et ses « jeunes patriotes » ?
Rien du tout. Ils vivaient en Côte d’Ivoire en bonne intelligence
avec les Ivoiriens. On constate les effets de ces départs massifs
sur l’économie de la ville d’Abidjan. On voit les
effets de la délocalisation de la BAD sur les activités
à Abidjan. On voit les effets du départ de toutes ces
ambassades sur la classe moyenne. Qu’avons-nous à y gagner
? Qu’avons-nous à nous isoler ? Quand on veut développer
un Etat fasciste, on menace tout le monde, on chasse les étrangers
et on reste là avec les armes. Si c’est cet Etat que Gbagbo
veut, il nous trouvera devant lui.
A Abidjan et à l’intérieur
du pays, il y a la terreur, les attaques à domicile.
ADO : Tout cela est préoccupant. Nous y avons réfléchi.
Nous y remédions par le démantèlement des milices.
Tout le monde sait qui organise les milices, les finance et les actionne.
Ensuite, toutes ces bandes armées qui déferlent savent
que le désarmement des milices sera effectif et que quand le
déploiement de la police de l’ONUCI sera fait, il y aura
une relative accalmie. De toutes les façons, les partis politiques
ne se laisseront pas faire. Nous nous organisons au niveau de notre
jeunesse. Les jeunes conduits par Kara, KKB et Guirao sont en train
de s’organiser. On ne peut pas laisser le pays entre les mains
d’irresponsables.
Acceptez-vous qu’on vous traite, vous
et le Président Bédié, de bloc rebelle qui a planté
le glaive dans le dos de la République ?
ADO : Vous savez, c’est un langage totalement irresponsable. Je
n’ai que du mépris pour ce genre de propos. Je crois qu’il
y en a suffisamment à distribuer. Je ne m’y attarderai
pas.
Si au soir du 30 octobre, les conditions
ne sont pas réunies, à quoi espérez-vous ?
ADO : Nous travaillons à faire des élections en octobre.
Mais, s’il n’y a pas d’élection à cette
date, ce n’est pas seulement le vide constitutionnel. C’est
le vide, tout court. La Côte d’Ivoire sera un Etat sans
institutions, en tout cas, légitimes ou reconnues internationalement.
Nous préférons ne pas nous inscrire dans ce schéma
incertain. Il faut qu’on ait les élections et on peut les
tenir. Si les gens ont pu le faire en Irak, avec moins de populations
et moins de tensions, pourquoi pas en Côte d’Ivoire ? Il
faut qu’on y arrive. Et on va y arriver.
Interview réalisée
à Johannesburg par Charles Sanga
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