“Chères Militantes,
chers militants,
Chères sœurs, chers frères,
Voici dix ans, presque jour pour jour, que notre Parti, le Rassemblement
Des Républicains, a été porté sur les fonts
baptismaux.
Vous vous souvenez, c’est le 27 Septembre 1994 que le RDR est
né, légalement, dans la douleur.
En effet, notre pays était encore sous le choc de la disparition
de son premier Président, le Président Félix Houphouët-Boigny.
Cette dure épreuve aurait pu et aurait même dû nous
unir davantage et renforcer nos liens. Malheureusement, elle a fragilisé
la cohésion entre les sœurs et les frères de la même
famille politique.
A présent, nous comprenons tous qu’en fait de divergence
de vue entre nos frères et sœurs et nous, il s’agissait
plutôt d’une différence d’approche sur la manière
de poursuivre le combat politique que nous menions, jusque-là,
ensemble, la main dans la main, pour une Côte d’Ivoire,
Terre d’espérance et Pays d’Hospitalité.
Comme vous le savez, cette situation s’est traduite par la rupture
du consensus qui existait alors, non seulement entre les Ivoiriennes
et les Ivoiriens, mais également entre les Nationaux et les personnes
qui ont choisi de vivre, avec nous, dans notre Pays.
Dès lors, vous comprendrez que notre Parti a été
créé pour œuvrer et contribuer à la naissance
d’un nouveau consensus.
Chères militantes, chers militants,
Chères sœurs, chers frères,
C’est le lieu de saluer la mémoire
du premier Secrétaire Général de notre Parti, Georges
Djéni Kobina. Homme de conviction, de devoir, de principes et
de sacrifice, Georges Djéni Kobina a su traduire la justesse,
la noblesse et le sens de notre combat, en ayant une claire vision des
enjeux pour notre Pays.
Comme l’affirment notre Projet de Société intitulé
“Pour un Nouveau Consensus” et notre Programme de Gouvernement
“Vivre Ensemble”, le RDR a pour ambition de rassembler,
autour des valeurs d’égalité, de fraternité,
de solidarité, mais encore et surtout d’hospitalité,
toutes les Ivoiriennes et tous les Ivoiriens, quelles que soient leur
appartenance ethnique, raciale ou d’origine, leur croyance philosophique
ou leur confession religieuse.
Ai-je besoin, à cet égard, de rappeler que ces valeurs
ont toujours caractérisé notre pays. Plus particulièrement,
elles ont contribué à son rayonnement d’antan, en
Afrique et dans le monde.
Je reste convaincu que la mise en œuvre de la politique préconisée
par notre Parti, sur la base de ces valeurs permettra :
-de restaurer le tissu social et l’Unité nationale gravement
entamés;
-d’améliorer les conditions de vie des populations, qui
ont été fortement détériorées ;
-de favoriser les conditions d’un développement économique
durable et l’émergence d’une Nation moderne, forte,
prospère et sûre d’elle-même.
Telle est, en tout cas, notre ambition. Elle résume le sens de
notre combat. Elle n’est pas au-dessus de nos forces. Nous en
avons les moyens humains et matériels. Nous devons continuer
à en avoir la volonté, même si le chemin qui nous
a conduits à la célébration de ce 10e anniversaire
a été long et difficile.
Je voudrais, en cet instant précis, rendre hommage aux militantes
et aux militants qui sont tombés sur le champ d’honneur
ainsi que ceux qui nous ont quitté sans avoir pu voir l’aboutissement
de notre combat et exprimer notre solidarité à l’égard
de leurs familles.
Par la même occasion, je voudrais saluer votre courage et votre
détermination, vous qui continuez de vous battre pour le triomphe
de notre idéal commun, malgré la rudesse du combat. Notre
premier Secrétaire Général ne disait-il pas que
“ce sont les travailleurs de la nuit qui goûtent aux splendeurs
de l’aurore” ?
Chères militantes, chers militants,
Chères sœurs, chers frères,
Comme vous le savez, ce 10e anniversaire intervient à un moment
où notre pays traverse la plus grave crise de sa jeune histoire.
Le pays manque désormais d’allant. Il s’enlise inexorablement
dans cette crise multiforme : crise de légitimité, crise
de société, crise de confiance.
Les maux qui le minent compromettent dangereusement son avenir. Ce sont
le délitement de la nation, l’effondrement des structures
de l’Etat, la montée de l’insécurité,
avec en prime l’impunité, le mépris de la vie humaine,
la paupérisation des populations.
La situation de recul que connaît ainsi notre pays n’est
pas une fatalité. Elle nous interpelle, autant que l’ensemble
de la classe politique ivoirienne et toutes les bonnes volontés.
Il est d’ailleurs heureux de constater, à cet égard,
que cette situation a déclenché une dynamique unitaire.
Elle est matérialisée par le G7, qui est une coalition
regroupant toutes les forces politiques ivoiriennes favorables à
l’application effective et intégrale des accords de paix
de Linas Marcoussis, d’Accra Il et d’Accra III. Nous devons
tous contribuer à son renforcement.
Pour ma part, je m’y emploie déjà, grâce aux
contacts que j’ai régulièrement, moi-même,
avec les principaux responsables de ces forces politiques. A cet égard,
j’ai rencontré, ce jeudi 23 septembre 2004, ici à
Paris, mon aîné, le Président Henri Konan Bédié,
dont je salue l’engagement et la détermination.
Je voudrais saisir cette occasion pour exprimer toute notre reconnaissance
à l’endroit de l’ensemble de la communauté
internationale, en particulier l’ONU, la France, l’UA et
la CEDEAO, dont le soutien à la recherche d’une solution
pacifique durable à la crise que connaît notre pays nous
est très précieux.
Permettez-moi de rappeler, par ailleurs, que cette commémoration
se situe à un an des prochaines élections générales
de 2005.
La mise en œuvre des différentes réformes prévues
par les accords de paix garantira l’organisation d’élections
justes, transparentes et ouvertes à tous en 2005.
Elle permettra surtout l’enracinement de la démocratie,
la mise en place d’institutions crédibles et capables de
nous prémunir des violences et des menaces de partition du pays
et la restauration de la paix et de la sécurité.
Certes, la place de premier plan qu’occupe aujourd’hui notre
Parti sur l’échiquier politique national nous rend confiant
dans la perspective de ces élections à venir. Mais, en
vue de consolider nos acquis, nous devons veiller à :
-renforcer les structures de notre Parti, aussi bien à l’intérieur
qu’à l’extérieur du pays
- être davantage à l’écoute des populations,
au-delà de nos militants et sympathisants ;
- promouvoir le débat et le dialogue;
- favoriser les cadres d’échanges entre les militants,
sans discrimination aucune;
- préserver et renforcer la cohésion au sein du parti.
Plus particulièrement, nous devons tous nous impliquer dans le
processus d’identification en cours, en nous faisant enrôler
massivement, afin que chaque militante et chaque militant voire chaque
Ivoirien ait sa carte d’identité et sa carte d’électeur.
Garant de l’unité du Parti, je vous exhorte, toutes et
tous, à privilégier l’intérêt général
au détriment des ambitions individuelles, si légitimes
soient elles.
C’est en cultivant la fraternité, en nous mettant au service
du bien commun que nous serons dignes de tous ceux qui ont payé
de leur vie notre combat contre l’arbitraire et l’exclusion
et de tous ces anonymes qui continuent de souffrir, chaque jour, dans
leur âme et dans leur chair.
Je fais confiance en notre Secrétaire Générale,
le Ministre d’Etat Henriette Dagri Diabaté, à qui
je voudrais rendre un hommage mérité pour le travail qu’elle
a accompli. Je vous engage, toutes et tous, à lui apporter votre
appui pour poursuivre la lourde tâche qu’elle assume actuellement
avec abnégation, dignité et droiture.
En ce dixième anniversaire de l’existence de notre Parti,
le RDR, je voudrais vous faire partager la foi inébranlable que
j’ai en l’aboutissement de notre combat, qui est noble et
exaltant.
Bientôt, je dirais même très bientôt, je reprendrai
ma place parmi vous pour poursuivre ce combat jusqu’à son
aboutissement.
Je vous remercie”.
Paris, le 27 septembre 2004
Monsieur le Premier Ministre
Alassane Drarnane OUATTARA
Président du Rassemblement Des Républicains